DÉMOGRAPHIE
L'accroissement se produisant à la fois par immigration et par excédent des naissances sur les décès, il devient nécessaire de rechercher le taux de chacun de ces facteurs. Si l'excédent des naissances sur les décès donne la mesure de la vitalité des habitants, de la salubrité delà colonie, l'immigration reste une preuve de la prospérité d'un pays nouveau.
Pendant la période 1872-1870, l'accroissement des Français atteint 26 764, dont 1/iO, soit 2 610, par excédent des naissances; l'accroissement des Espagnols pendant la même période est de 21144 dont 1/7, soit 3 243, par excédent des naissances; les Italiens s'accroissent de 7 408, dont 1/10, soit 764, par excédent des naissances.
Pendantla période 1876-1881, les Français augmentent de 49 053, dont 1/12, soit 3 834, par naissances; les Espagnols de 21 810, dont 1/4, soit 5 205, par naissances; les Italiens de 7 934, dont 1/9, soit 885, par naissances.
Pendant la période 1881-1886 :
Les Français augmentent de 23 633, dont près de 1/4,. soit 5 359, par excédent de naissances ; les Espagnols de 30 010, dont près de 1/4, soit 6 982, par excédent de naissances; les Italiens de 10622, dont près de 1/7,. soit 1 436, par excédent de naissances.
Pendantla période 1886-1891 :
Les Français augmentent de 48 297,
Les Espagnols de 9 366,
Les Italiens diminuent de 4 972.
Pendantla période 1891-1896 :
Les Français augmentent de 75 779,
Les Espagnols augmentent de 3 701 ,
Les Italiens diminuent de 3 662.
La natalité générale, c'est-à-dire le rapport des naissances annuelles à la population générale, peut seule être calculée avec les documents ofliciels. Pour 1000 habitants français, de 1873 à 1891, on note de ^]3 à 35 naissances; chez les Espagnols, on a pendant la même période de 35 à 40 naissances.
La mortalité générale, pendant la môme période de 1873 à 1891, est de 31 à 30 décès pour 1 000 habitants français; chez les Espagnols, on notait pendant la même période 27 à 28 décès par \ 000 habitants. Si nous comparons les coefficients de natalité et de mortahté, nous trouverons chez les Français un accroissement annuel de 4,2 p. 100.
Les Espagnols sont aussi plus féconds en Algérie que chez eux, leur accroissement annuel étant de .8 p. 100.
A c(jté des populations européennes implantées, il serait curieux de suivre le développement des Israélites; mais depuis leur naturaUsation, les registres •des mairies ne permettent pas toujours de le suivre dans le§ différents actes de l'état civil. Chez eux, la mortalité est assez élevée, surtout chez les enfants, mais la natalité est considérable ; aussi les statistiques officielles accusent une augmentation très sensible. fi]nl872,on comptait 34 574 Israéhtes indigènes ; en 1896, on en a recensé 53 303; beaucoup ont dû être comptés avec les Français d'origine et malgré €ela on voit que, d'après cette marche, la population Israélite double en quarante-sept ans par l'excédent de ses naissances sur ses décès.
Des recherches de M. Ricoux il résulte que les nationalités européennes fixées en Algérie bénéficient d'un accroissement par natalité, les Allemands seuls
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font exception; pour 1 000 naissances, ils présentent 1 343 décès. La race germanique ne s'acclimate donc pas dans le nord de TAfrique, elle nous a paru décimée par la malaî'ia et aussi par l'alcoolisme, qui est plus rapidement funeste qu'en Europe.
Il est naturel de rencontrer une mortalité plus élevée chez le sexe masculin, plus exposé aux travaux meurtriers de la colonisation et à Talcoolisme.
La terre d'Afrique, réputée meurtrière aux Européens, ne mérite donc plus la réputation d'insalubrité qu'elle s'est faite pendant la période de 1830-1855.
L'ennemi de l'Européen en Algérie est la malaria; s'il y échappe, il manifeste de suite une fécondité inconnue en Europe. La ville de Mustapha peut donner une idée du développement que prend notre race quand elle est implantée dans une station saine. La population de Mustapha, qui comprenait 16416 Européens en i886, était en 1891 de 21 '464, dont les deux tiers Français. Pendant cette période, l'état civil a enregistré 4108 naissances, 326 mort-nés et 2778 décès. Pendant ces cinq années, l'augmentation de la population a donc emprunté 73 p. 100 à l'immigration et 27 p. 100 à l'excédent des naissances sur les décès. En 1896, la population dépassait 32000 habitants.
La population indigène de l'Algérie s'accroît régulièrement, elle a passé de 2 400 000 en 1856 à 3 757 000 en 1896.
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