MALADIES
Maladies. — L'Algérie, qui appartient par son climat et par sa flore aux régions méditerranéennes, ne présente pas une pathologie spéciale ; mais l'Algérie est en contact avec des régions plus chaudes et plus insalubres, où l'Européen peut diflicilement supporter la saison chaude ; de plus, pendant les mois d'été, l'influence thermique augmente la morbidité et la mortalité même sur le httoral.
L'endémie palustre est partout, pour l'indigène comme pour l'Européen, le principal obstacle à la prise de possession du sol. Les plaines sont presque toutes plus ou moins malsaines; avant l'occupation française, les Indigènes n'y étaient pas établis; mais depuis l'établissement de la colonisation les cultures occupent les terres jadis en marais, les drainages et les plantations assèchent les bas-fonds. Aussi voiton l'endémie palustre restreindre ses ravages, et les stations les plus mal famées, il y a quarante ans, comme Boufarik, se peupler par l'excédent des naissances.
La variole chez les Indigènes a toujours causé une mortahté considérable, surtout pendant l'enfance ; depuis que la pratique de la vaccination se répand, la mortahté de l'enfance est surtout causée par la syphilis et par la cachexie palustre dans les plaines.
La fièvre typhoïde sévit surtout sur les Européens, elle se montre assez bénigne ; les Indigènes sont surtout sujets au typhus, qui est endémique dans la grande et la petite Kaljyhe .
La syphilis est très fréquente et commet de grands ravages dans toutes les classes de la population indigène.
La dysenterie est assez rare ; elle sévit également sur les Européens et les Indigènes. ..
L'ophtalmie granuleuse est endémique, surtout sur les populations de la Kabylie et des Oasis, les Nomades y sont moins sujets. Les maisons sont en effet obscures, mal aérées, très sales, les animaux vivent dans une promiscuité complète avec les gens. Aussi compte-t-on un aveugle ou un borgne sur 64 individus. Quelques mesures d'hygiène et un peu de propreté restreindraient beaucoup ce mal, qui passe facilement des Indigènes aux Européens, surtout quand ces derniers vivent dans des conditions d'hygiène qui laissent à désirer.
La tuberculose se rencontre fréquemment en Algérie, comme en Europe, mais les tuberculeux trouvent sur la cùte africaine un cUmat favorable qui leur permet souvent d'atteindre un âge avancé.
Cependant ce sont les formes lentes, torpides de la tuberculose pulmonaire qui se trouvent le mieux du climat d'Algérie; les guérisons de ces phtisies sont même assez communes.
Les phtisies à marche rapide sont aggravées par les chaleurs de l'été qui précipitent l'issue fatale.
Chez les Indigènes, la phtisie tend à faire des progrès, elle sévit surtout chez ceux qui abandonnent les sages prescriptions du Coran et se livrent à l'alcoolisme. L'alcooUsme du reste, chez les Européens, de même que chez les Indigènes, paraît une des causes fréquentes de tuberculose.
Pendant la saison chaude, des éruptions cutanées très fatigantes s'ajoutent aux incommodités de la saison ; c'est, sur le littoral, la gale bédouine, liobb arag ou bouton de sueur des Arabes, éruption vési-
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culo-papiileuse, que les dermatologistes nomment Lichen tropicus. Précédée de sueurs, de démangeaisons, la gale bédouine est caractérisée par une éruption souvent très confluente, occupant les épaules, les bras, la poitrine^ plus rarement le ventre et les cuisses, formée de petites élevures rouges, tantôt papuleuses, tantôt vésiculeuses au sommet. Des éruptions successives peuvent prolonger la maladie pendant plusieurs semaines.
Des affections furonculeuses ulcéreuses sont fréquentes, pendant la saison chaude, et à Biskra une affection ulcéreuse particulière de la peau a reçu le nom de clou de Biskra; elle ne se montre que pendant les fortes chaleurs, mais elle attaque toutes les races, le nègre, l'i^rabe, comme l'Européen.
La suppuration du foie s'observe aussi et coïncide avec la dysenterie et les ulcérations du gros intestin.