CHACALS
la queue. Le caracal est assez répandu dans tout le pays. Poiiet cite également le lynx, mais probablement par confusion avec quelque variété de caracal.
Guépard. — Le Guépard ou Once des Algériens [Cynofelisgutlaia Lesson ; Cynailurus guttalus Herm. ; Felis jubata Erxleb.), taille du serval et du caracal. De forme très élancée, il a à peu près la robe de la panthère avec des taches pleines; mais ses ongles non rétractiles, ses habitudes diurnes, les poils du cou un peu plus longs que les autres formant une sorte de crinière, en font un animal un peu intermédiaire entre les Félins et les Canidés. Il habite surtout le Sud, où on le dresse pour lâchasse.
Chacals. — Les Canidés sont représentés en Algérie par les chacals, les renards et le fennec. On peut aussi en rapprocher les Hyènes, sans parler du loup cité probablement à tort par l'abbé Poiret.
Le Chacal [Canis aureusL.) est extrêmement abondant dans toute l'Algérie et dans les pays voisins. Il est probable que les renards de l'histoire de Samson étaient des chacals. Vers le Sahara, on trouve une espèce très voisine, le chacal du Sénégal {Canis ani/ius Cuv.), un peu plus haut sur pattes et à museau plus effilé. Le chacal est un peu intermédiaire entre le chien et le renard. Il a la grosse queue et les mœurs astucieuses de ce dernier. Comme lui, il vit dans des terriers, mais sa fourrure est plus grossière et si abondante qu'elle est à vil prix.
Il s'accommode aussi bien de fruits de toute sorte que de proie morte ou vivante. Il a la curieuse habitude de déposer ses déjections sur des pierres ou de petits tertres, ou tout objet un peu élevé au-dessus
du sol. Il s'accouple avec le chien et il paraît être, au moins pour une bonne part, l'ancêtre du chien de garde kabyle, qui, couleur à part, lui ressemble énormément.
Renard. — On trouve fréquemment en Algérie le Renard doré ( Vulpes niloticus Lesson), voisin pour la forme du Renard d'Europe, mais plus petit et surtout remarquable par la beauté de sa fourrure. D'après Lataste, le Vulpes algeriensis de Loche, qui habite les forêts du Tell, n'en serait qu'une variété. Dans tous les cas, il se rapproche beaucoup plus du Renard d'Europe. Dans le Sahara, on trouve une autre espèce plus petite, le Vulpes famelkus^ à teinte assez uniforme, d'un gris ardoisé, très clair et très doux à l'œil. Il est remarquable par les longs poils qui couvrent la plante de ses pieds.
Fennec. — Le Fennec [Canis Zerda h.) est bien plus petit que les Renards, qu'il rappelle beaucoup par ses formes et ses mœurs. Ce joU petit animal est remarquable par ses grandes et larges oreilles garnies intérieurement de longs poils blancs, par sa vivacité et son agihté incroyables. L'acuité de ses sens est très grande. C'est à tort que l'on a prétendu qu'il grimpait aux arbres. Il joue avec sa proie comme les chats, et comme eux recouvre ses excréments. Il fouit avec une rapidité prodigieuse. Il s'apprivoise bien. Ce gracieux animal est propre à la région saharienne; comme tous les animaux de cette région, il a une teinte fauve pâle, qui s'harmonise parfait ement avec la couleur des sables désertiques. 11 est assez rare.
Chien. — Les Indigènes n'ont qu'un petit nombre de races de cldens domestiques.
D'abord le chien de garde kabyle, chacal à peine
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modifié. Il est d'un fauve clair. Il est le commensal plutùl que Tami ou le serviteur de soti maître. Jamais caressé par lui, il ne le caresse jamais. Objet de mépris, il se nourrit comme il peut et les excréments du douar sont à peu près tout ce qu'on lui abandonne. 11 garde bien et est féroce pour l'étranger, mais sa couardise le rend peu dangereux pour peu que l'on soit muni d'un bon bâton,
L'Arabe du Sud nourrit une grande race de lévriers à formes très élancées, le Slougui, dont la vitesse est prodigieuse. En quelques bonds, il s'empare d'un lièvre, et lutte de vitesse même avec les gazelles. H est mieux traité que le chien de garde par son maître, qu'il aide dans la chasse aux antilopes.
Hyène. — La Hyène ordinaire est commune dans toute l'Algérie. Il n'est point rare la nuit d'entendre ses gémissements mêlés aux glapissements des chacals, avec lesquels elle paraît bien s'entendre. Lâche et vivant surtout de proie morte, elle n'attaque jamais Thomme et lui cause peu de dommage. Elle s'apprivoise bien.
Viverridés. — Dans les Viverridés, nous avons la Mangouste Iclineumon, et deux Genettes peu distinctes l'ime de l'autre, la genette de Barbarie et la genette Bonaparte. La mangouste ichneumon, désignée à tort par les Algériens sous le nom de Raton, est assez répandue dans le Tell^ môme aux environs d'Alger. On en faisait autrefois une espèce à part (Herpestes numidicus).
Mustélidés. — Les Mustéhdés comprennent la Loutre, le Putois, le Putois Boccamcle, la Belette de Numidie [Piitoyius sub/:almatus) et le Zorilla llbyca. Bien que la Barbarie passe pour être le pays du
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Furet, il ne paraît pas qu'on l'y ait jamais rencontré.
Ours. — VOurs parait avoir disparu aujourd'hui de l'Algérie et du nord de l'Afrique, si ce n'est peutêtre de l'Atlas et du Maroc. Il ne paraît cependant pas avoir été rare du temps des anciens.
La partie de la Libye orientale qu'habitent les nomades, dit Hérodote, est basse et sablonneuse jusqu'au fleuve Triton, mais depuis ce fleuve, en allant vers le couchant, le pays, occupé par des laboureurs, est très montagneux, couvert de bois et plein de bêtes sauvages. C'est dans celte partie occidentale de la Libye que se trouveut les serpents d'une grandeur prodigieuse, les lions et les ours, les éléphants, etc. (1).
Yirg-ile dit (2) :
.... Occurrit Acestcs,
Ilorridus, in jaculis et pelle Libystidis ursœ.
De môme Juvénal (3) :
.... Quod comiuus ursos Figebat uumidos.
Et Martial (4) :
Quod frenis Libyci domantur ursi.
Au siècle dernier, Shavv cite l'ours dans les montagnes de l'Atlas, et Poiret (5) dit :
Cependant, comme le mont Atlas s'élève très haut dans le royaume d'Alger vers celui du Maroc et que plusieurs mou-
(1) Hérodote, lib. IV, cap. cxci. Trad. Larcher.
(2) Virgile, Enéide, liv. V, vers 30-37.
(3) Juvénal, Sat. V :
(4) Martial, lib. I, épigr. ÏOô. De Speclacula.
(5) Poiret, Voyage en Numidie, t. I, p. 238,