CHEVAL
sition les plus beaux types de cette précieuse race qui peut rendre partout de si grands services, qu'aucune ne saurait remplacer en Algérie, l'État, sous prétexte de l'améliorer, la fait croiser en grand par les étalons les plus variés, et est en train de la perdre !
Le cheval barbe a généralement la tête courte et carrée, les plus beaux types seuls ont le museau efiilé avec les naseaux très dilatables. Le chanfrein est droit, parfois légèrement busqué. L'élégance de l'attache à l'encolure laisse peut-être un peu à désirer, les oreilles sont longues, minces et déliées, les yeux à fleur de tête, grands, bien ouverts, plutôt doux que vifs. L'encolure droite et élégante est souvent chargée d'une belle crinière soyeuse et vient se fondre agréablement par la dépression tranchée du coup de hache avec le garrot bas et musculeux. Le dos large et concave se termine par des reins courts et bien nourris; la croupe est oblique et courte et la queue attachée bas. Le poitrail est large, les côtes arrondies limitent une cage thoracique bien développée ; le ventre est parfois un peu gros à cause du régime en vert, les Arabes ne ramassant pas de fourrages. Les épaules sont charnues etmusculeuses, longues, mais manquant d'obliquité; l'avant-bras est un peu mince, le genou large, le canon grêle et les tendons bien dessinés, le boulet grêle, le paturon obUque, le sabot bien fait à corne dure et résistante. La hanche est légèrement saillante et inclinée, donnant la conformation générale courte en dessus, longue en dessous; la cuisse est plate, le jarret souvent courbé, mais large, solide et bien évidé.
BATTANDipiu et Trabut, — /ilgéne, 16
D'après Témir Abd-el-Kader (1), les chevaux de race se distinguent par la finesse des lèvres et du cartilage inférieur du nez, par la dilatation des narines, parla maigreur des chairs qui entourent les veines de la tête, par l'attache élégante de l'encolure, par la douceur des crins, du poil et de la peau, par l'ampleur de la poitrine, la grosseur des articulations et la sécheresse des extrémités. Enfin Abd-el- Kader insiste beaucoup sur la fierté et les qualités morales.
Un des chevaux qui ont le plus contribué à former la race des chevaux de courses anglais fut un cheval barbe, nommé Godolphin. 11 fut acheté à Paris, où il traînait la charrette d'un porteur d'eau. C'est ensuite par de fréquents croisements de leurs meilleurs chevaux avec des chevaux barbes que les Anglais sont arrivés à perfectionner leurs coureurs au point que l'on sait. Ils sont d'ailleurs sous bien des rapports inférieurs aux chevaux barbes.
Le cheval arabe, relativement rare en Algérie, est plus grand et plus fort que le barbe. On l'y trouve rarement pur, pour ne pas direjamais.il est presque impossible de se procurer des étalons arabes pur sang des races Nedj et Koheil, si estimées en Arabie.
Les chevaux algériens sont assez variables suivant les régions. Les plus beaux se trouvent dans les Hauts-Plateaux à Tiaret, et Frendah, dans la province d'Oran, chez les Nenienchas et les Haractas dans celle de Constantine. Avec les tendances actuelles de la remonte, il sera bientôt difficile de trouver en Algérie des barbes purs et peut-êlre est-ce un bien à ce point
(1) Abd-el-Kader, Lettre au général Daumas.