‹ L'Algérie (volume 2)Chapitre 26 sur 93 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Le cardinal Ximeuès avait voulu poursuivre en Afrique la croisade espagnole ; il rêvait de fonder sur la côte sud de la Méditerranée un grand établissement militaire. Ses projets semblaient près de se réaliser, quand parurent les deux frères Barberousse. Ces aventuriers, pleins d'audace et de génie, changèrent les destinées de l'Afrique septentrionale.

Ils s'étaient déjà signalés dans cette guerre de pirates que se faisaient alors Tislam et les nations chrétiennes, lorsqu'Aroudj, en vrai condottiere, vint offrir ses services au roi de Tunis (1514) ; il se faisait fort de reprendre Bougie aux Espagnols; il échoua deux fois et y laissa un bras. Malade et découragé, il s'était retiré à Djijelli, lorsque les habitants d'Alger sollicitèrent son concours ; ils voulaient détruire la forteresse espagnole bâtie au milieu de leur port, l'odieux Peîion, qui était « comme une épine plantée dans leur cœur*» ; Ferdinand venait de mourir, le moment semblait favorable. Aroudj ne prit pas le Penon, mais avec ses Turcs il se rendit maître d'Alger. L'expédition conduite contre lui par don Diego de Yera manqua ; les Arabes et les Berbères, auxquels plaisait l'énergie de Barberousse, l'avaient vigoureusement soutenu. Il s'empara facilement de Ténès ; un parti nombreux l'appela à Tlemcen. U commença par rétablir le vieux roi Abou Zian, puis,

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