‹ L'Algérie (volume 2)Chapitre 32 sur 93 · Ordre du jour en rade de Palma · texte numérisé non relu

Ordre du jour en rade de Palma

pour en faire un camp retranché ^ un asile en Gà»^ de revers. Cependant Tennemi avait porté des forces à Staôttëli ; Taglia Ibrahim, gendre de Hussein, meMit avec lui la milice turque, des GiMilourlis et des Maures^ d'Ailier, les comtinfexits des beys et ^pcnelfues milliers de Kabytes. Parmi les témoins oculaires, tes ubs évatuent cette armée à 60 000 hoimnes^ d'autres è âO 000 senlemeoL La <)6iiftision dies manoeuvres, les mouvements rapides et désordonnés 4e la cavalerie arabe devaient donner rifluséon d'une immense multitcHle* A part les Turcs, toutes ces troupes sans cohésion fafôai^[tt assez mauvaise figure es bataiUe rangée. Le premier choc fut pourtant terrible; le 19 aiu matin, toutes les lignes françaises sont as^ailMes; BMÎs rattaqne porte surtout sur les ailes, plus faiUes et moÉBs bien postées que le centre; la gwdie fut un ini^ts^ compromise : les Tiires se battaient avec une incroyaUe ardenir; les cav^^tters enlevaient leurs etfêvaux et «Butaient par*dessu6 les retranch^»eiits. Mais Tarmée française avait l'avantage de la tactique et de la disdpliae. Après^ mke bitte acharnée, les Algériens se repIièrentsurlecaiBfF; le gàiiéral en chef se décide à poursorvira ses avantages i il ondenne un mouvement touitiant pour jeter Tennemi à la mer ; mi»s la droite n^rche trop lentement, la gaodie avec trop de précipitation. Cependant r«rtilteie, brîHi»* mant dirigée, couvrait de ses feux les positions de Taglnu Les «ontmgents kabyles , qui avaient à se plaindre 4es généraux turcs *, lâchèrent pied les premiers ; le restesuivit. A midi, les hauteurs étaieot conquises et le eanq^ de Staouèli occupé.

Le dey et les habitants d'Alger ne doutaieBt pa& du» succès; à l'arrivée des foyards, ce fut une eonsternatidJi. « Les gens, raconte le médecm alleo^nd Pfeilfer, ifui était dans la ville comme captif, couraient par les rues comme des fous. QuelquesHins demandaient oà étaient

1. La prise d'Algei" 7'acontée par tm captif. Cet oxnrrage a été pubfiè en allemand, la traduction a paru dans la Revue afrcaine.

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tes infidèles et si Ton alIaH tuer tous les musulmans. » Les Kabyles et beaucoup d'Arabes s'en retournaient diez eux ; les Turcs avaient fait des pertes sensibles et n'avaient phrs de confiance; Tannée était comme dissoute. Si à ce moment les Français avaient marché droit à Alger, la ville était prise. On eût ainsi gagné du temps et ménagé un sang précieux. Mais Bourmont n'était pas informé de ce qui se passait; la partie du convoi qni portait les chevaux de la grosse artillerie n'était pas encore arrivée, on n'était pas en mesure d'exécuter une attaque en règle. On se borna donc à occuper les positions conquises. Cette inaction rendit aux Algériens toute leur assurance. Ils se hâtèrent de mettre en état le fort l'Empereur, qui défendait la ville au sud -ouest; des émissaires furent envoyés de tous côtés pour rallier les Arabes, les ulémas prêchèrent la guerre sainte. Le 24, les lignes de Staouêli furent attaquées ; l'armée française repoussa facilement les agresseurs et en les poursuivant s'établit sur le plateau du Sidi- Khalef . Mais alors un nouveau chef remplaça Ibrahim ; c'était le bey de Titteri, Mustapha-bou-Mezrag, qui ne manquait ni d'activité ni d'intelligence militaire. Les positions françaises étaient dominées par le mont Bouzaréa ; il installa des batteries sur les pentes ; il profita de la nature du pays, montueux, boisé, coupé de ravins pour faire une guerre d'escarmouches où ses troupes reprenaient leurs avantages. Les journées des 25, 26, 27 et 28 furent pénibles et meurtrières ; un bataillon du 4° léger, surpris au moment où il nettopit ses armes , perdit 120 hommes.

Mais le convoi attendu était enfin arrivé; on avait achevé le débarquement du matériel, une route praticable avait été ouverte par le génie depuis Sidi-Ferruch. Le 29 avant le jour, le mouvement offensif commença sur tonte la ligne. Déjà un plein snccès avait été obtenu, lorsqu'une méprise de Tétat-major faillit tout compromettre. Les vapeurs matinales flottaient en brouillard au-

dessus de la Mitidja ; le général Desprez, parvenu sur les crêtes, crut voir la mer; il en conclut que rarmée avait dépassé Alger et que la carte de Boutin, sur laquelle on s'était guidé jusqu'alors, était fautive. Sur son rapport, Bourmont ordonne un changement de direction vers la gauche ; ce mouvement, exécuté à travers des terrains difficiles, produit une confusion générale; les troupes, empêtrées dans les ravins, vont et viennent en cherchant leur route ; les régiments et les divisions se mêlent; beaucoup de soldats, accablés par la chaleur, abandonnent leurs armes. En cet instant critique, une attaque vigoureuse aurait pu amener un désastre. Par bonheur, l'ennemi était incapable d'une opération d'ensemble ; il se borna à des tirailleries inoffensives. L'armée eut le temps de se rallier, et le jour même on se mit à l'œuvre pour installer les batteries qui devaient servir au siège du fort l'Empereur ; la flotte canonnait la place et, sans causer de graves dégâts, ajoutait par cette démonstration opportune au trouble et à l'effroi de la population. Le 4 juillet, à quatre heures du matin, la tranchée fut ouverte contre le fort l'Empereur ; les batteries françaises subitement démasquées l'écrasèrent de leurs feux. La garnison se défendit avec la plus grande vigueur, mais la lutte des deux artilleries était par trop inégale; au bout de quelques heures, les Turcs avaient leurs embrasures démolies, leurs pièces démontées, leurs canonniers hors de combat; des fuyards s'échappaient vers la Casba, et déjà l'ordre était donné de battre en brèche, quand une formidable explosion se fit entendre. Le khaznadji avait fait mettre le feu aux poudres ; il espérait ensevehr , une partie de l'armée française sous les décombres; quelques hommes seulement furent atteints. Aussitôt les ruines sont occupées ; l'artillerie s'y installe et se prépare à foudroyer la Casba.

Le fort l'Empereur une fois pris, Alger ne pouvait plus tenir; Hussein pourtant ne voulait pas encore céder; il montrait dans l'adversité autant de fierté qu'aux jours.

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