Voy. Baude Zaatcha, Revue des Deiix-^Mondes
186 lA CONQUÊTE FRANÇAISE
mur, tout est massacré. Aucun habitant de Zaatcha ne fut épargné, la ville et l'oasis furent entièrement détruites. Ce Saragosse saharien nous avait tué ou blessé 1500 hommes, sans compter les ravages exercés par le choléra. II fallut encore combattre pour réduire TAurès, qui s'était soulevé; la petite ville de NaiTa, dans la vallée de l'oued Abdi, fut prise d'assaut et incendiée.
Mohammed-ben-Abdallah, le prétendu chérif que nous avions voulu autrefois opposer à Abd-el-Kader , revenait alors de la Mecque. La Turquie, toujours prête ^ concevoir de chimériques espérances, croyait le moment venu de ressaisir l'Algérie ; Mohammed-ben-Abdallah fut le principal instrument de ses sourdes intrigues. Il débarqua à Tripoli, entra dans le Sahara par Ghadamès et organisa à Ouargla un centre d'agitation ; son çof, d'abord vaincu, reprit le dessus et s'empara de Laghouat; il se hâta d'accourir, mais ses succès s'arrêtèrent là. Le général Pélissier, parti d'Oran, fit sa jonction avec la colonne Yusuf ; tous deux ensemble rejetèrent les insurgés dans la ville. Les batteries furent aussitôt dressées et le 4 décembre 1852 l'attaque commença; le feu avait été ouvert à sept heures, à dix heures les brèches étaient praticables : les troupes s'élancent aussitôt et après un violent combat demeurent maîtresses de la place. Comme à Zaatcha, le carnage fut horrible ^; les soldats, exaspérés par l'acharnement de la résistance, ne faisaient pas de quartier. Mais cette fois, les difficultés étant moindres et les moyens d'action plus puissants, la victoire nous coûta moins cher. Mohammed-ben- Abdallah s'était échappé avec quelques cavaliers ; il fut poursuivi; Si-Hamza, le chef des Ouled Sidi-Cheikh, qui s'était mis décidément au service de la France, alla le chercher dans l'extrême sud, le défit et s'empara d'Ouargla. Les Mozabites, qui avaient pris parti pour le chérif, se hâtèrent de faire leur soumission; à la fin de 1854, nos troupes en-