‹ L'Algérie (volume 2)Chapitre 65 sur 93 · LES ÉTRANGERS 21T · texte numérisé non relu

LES ÉTRANGERS 21T

terre française elle doit rester. Il faudrait d'abord surveiller soigneusement l'arrivée des émigrants, surtout des Espagnols, n'admettre que les gens pourvus de papiers en règle et de moralité constatée , expulser sans merci les^ vagabonds et les dangereux; toute l'hospitalité du monde ne saurait nous obliger à recevoir chez nous le rebut des autres peuples. Ne .pourrait-on pas aussi, en ce qui concerne l'Algérie, faire réviser les conventions internationales? Il serait juste et raisonnable qu'à la seconde génération tous les étrangers établis en Algérie fussent de plein droit citoyens français, à moins de volonté contraire nettement manifestée. C'est affaire à la diplomatie; mais dès à présent, sans nous départir delà cordialité nationale, il est bon de faire comprendre à nos hôtes qu'ils ne sont que des hôtes tant qu'ils ne sont pas entrés dans la famille française. On ne voit pas bien par exemple pourquoi les étrangers non naturalisés ont accès dans les conseils municipaux ; ils ont des intérêts considérables dans le pays ; mais on peut se servir du même argument pour les introduire dans les conseils généraux; de là à neutraliser l'Algérie et à y créer un droit de cité spécial, conmie le proposait quelqu'un, il n'y a qu'un pas. En l'état, les personnes et les biens des résidents étrangers sont garantis par nos lois et au besoin par leurs consuls; s'ils tiennent à être autre chose que des résidents, libre à eux; ils subissent déjà la plupart des charges ; on ne demande pas mieux que de leur faire part de tous les droits. Il ne s'agit pas de pratiquer le compelle intrare et d'imposer la naturalisation à qui n'en veut pas ; mais le droit public ne doit pas laisser naître des équivoques dangereuses; au point de vue politique, il n'y a point d'Algériens, il y a des Français et des étrangers; il faut être l'un ou l'autre; que tous ceux qui ne se sentent plus étrangers cessent donc de l'être officiellement et deviennent en droit ce qu'ils sont déjà en fait : des Français.

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