LE MOUVEMENT DE LA POPULATION
de fortune, arrivaient célibataires. Le nombre des femmes n'égale pas encore aujourd'hui celui des hommes, mais il y a eu un temps où la disproportion était énorme. C'est du reste ce qui arrive dans toutes les colonies de création nouvelle.
Après 1856, la croissance de la population continue : elle monte à 205 888 en 1861, àx235 222 en 1866, à 291 173 en 1872, à 356 502 en 1876, déduction faite de l'armée. Mais ce progrès n'est plus dû seulement au phénomène artificiel de l'émigration , l'excédant des naissances y contribue pour sa part. Pendant la première période, il fallait toujours pour produire une augmentation de 1000 habitants, plus de 1000 nouveaux arrivants; aujourd'hui, dans un gain de 1000, l'immigration ne figure plus que pour un coefficient égal à 806,2 ; l'excédant des naissances compte pour 193,8. Depuis 1856, d'un recensement à l'autre, le chiffre des naissances a été constamment supérieur à celui des décès. Nous trouvons en effet :
De 1836 à 1862 35 709 naissances, 31 573 décès.
De 1862 à 1867 43 095 — 31 298 —
De 1867 à 1872 53 371 — 51 120 —
De 1872 à 1877 42 416 — 34 719 —
Ce qui donne un total de : 174 591 naissances contre 148 710 décès, soit un bénéfice de 25 881 naissances.
Si l'on examine la proportion, on voit :
De 1859 à 1862, pour 1000 décès 1273 naissances.
De 1862 à 1867, — 1000 — 1294 —
De 1867 à 1872, — 1000 — 1081 —
De 1872 à 1877, — 1000 — 1174 —
L'accroissement normal, sans tenir compte de l'émigration, a été :
De 1859 à 1862 de 8,90 par 1000 habitant».
De 1662! à- 180t 9,2»
De mn à iSn. ...^. 2»90
De 1872 à 1877 5,93 «
Dans ce mouyement de la population européenne , iî est intéressant de savoir quelle est la part de chacune des nationalités ; cette analyse a été faite avec beaucoup de précision par j\f . Ricoux dans ses Etudes de démographie^ auxquelles nous empruntons la plupart de nos renseignements.
Les Israélites algériens recensés avec la population européenne sont depuis longtemps installés et acclimatés; aussi leur mortalité est-elle très faible; ils se marient presque tous de bonne heure, et leurs unions sont généralement fécondes ; ils ont des excédants considérables.
Eu 1^8T2, pour 1000 hab., ils avaient 42,4 nais., 21,3 décès.
De 1872 à 1876, — 1000 — .49 24,36 —
En 1876, — 1000 - 53,5 26,06 —
Leur accroissement normal serait donc en moyenne de 24,39 par 1000 habitants chaque année. De fait, ils étaient 21 048 en 1856, 34 000 en 1872. Le coffre de 33 506 donné en 1876 ne peut s'expliquer que par des erreurs de recensement, soit qu'on ait fait figurer en 1872 parmi les Algériens des étrangers tunisiens ou marocains, soit qd'en 1876 on ait compté comme Français un certain nombre d'israélites naturalisés.