‹ L'Algérie (volume 2)Chapitre 68 sur 93 · LE MOUVEMENT I>B LA POPULATION · texte numérisé non relu

LE MOUVEMENT I>B LA POPULATION

Lc& populations origiiïdires de l'Europe méricKôiiale subsistent et se reproduisent parfaitement en Algérie^ Les .Espagnols, qui n'ont chez eux qu'une moyenne de 4,51 enfants par teénage, arrivent à 6,26; les Italiens, qui ont 4,35 en Europe, atteignent 5,74. Les épidémies, la malpropreté , les mauvaises conditions hygifeiques occasionnent une mortalité assez forte, mais la natalité donne toujours des excédants considérables. La comparaison aye« le pays d'origine est favorable à l'Algérie.

Les Espagnols ont pour 1006 décèe :

En Espagne 1297 naissances.

En Algérie 1334 —

Les Italiens ont pour 1000 décès :

En Italie 1232 naissances.

En Algérie : 1497 —

Les Maltais ont peut 1000 décès :

A Malte 1375 naissances.

En Algérie 1479 —

La natalité française est beaucoup moins exubérante ; elle ne donne encore qu'une moyenne de 3,67 enfantin par îtiénagé. Mais cette partie de la population vit mieux^ se soigne davantage ; sa mortalité, d'abord effrayante, a toujours été en diminuant ; aujourd'hui, elle n'est plus guère que de 25 par 1000 habitants, inférieure par conséquent à celle deà étrangers méridionaux. L'excédant des naissances s'est établi à partir de 1865 et s'est maintenu depuis. Tandis qu'eu France on relève seulement 1139 naissances pour 1000 décès, on en compte maintenant 1815 en Algérie. L'accroissement annuel , qui n'e^t dans laî mère patrie que de 3,16 pour 1000 habitants, est arrivé dans la Colonie au chiffre éloquent de 8 ^89. ■

On observe pour les Allemands des phénomènes d'ofdre inverse ; tandis qu'en Prusse la proportion moyenne est

de 1422 naissances contre 1000 décès, ils ont en Algérie 1195 décès pour 1000 naissances. La natalité reste beaucoup au-dessous de la mortalité; le mouvement est un mouvement de décroissance : sur 1000 habitants, ils en perdent chaque année 7.

De cet ensemble de faits on peut, dès à présent, déduire les conséquences suivantes :

1° Les Européens du bassin de la Méditerranée : Espagnols, Italiens, Maltais^ appartenant d'ailleurs à des races très croisées où entre pour sa part l'élément africain, vivent et se reproduisent en Algérie aussi bien et mieux qu'en Europe.

2° Les Européens du nord et notamment les Allemands, bien que ce peuple en particulier ait dans son pays d'origine une fécondité remarquable, se maintiennent difficilement en Algérie.

3° Les Français, après avoir traversé des périodes critiques, semblent s'être acclimatés. Ils ont régulièrement de forts excédants de naissances; leur fécondité est plus grande, leur accroissement annuel plus rapide que dans la métropole.

D'une manière générale, le problème de l'acclimatement paraît donc résolu. Mais, si l'Algérie prisé dans son ensemble est habitable pour les Européens, il ne s'ensuit pas <|ue toutes ses parties le soient ; des colons ne s'installeraient pas impunément dans le Sahara. Même dans le Tell et les hauts plateaux, il est encore nécessaire de -choisir le terrain, d'assainir le climat, de multiplier les précautions hygiéniques. Parmi les immigrants nationaux, il faut attirer surtout ceux qui sont originaires des départements du midi et du centre ; autant que possible, il faut les établir dans des sites qui leur rappellent le pays natal ; moins le changement sera violent, plus l'adaptation au nouveau milieu sera facile. Enfin les croisements avec les Espagnols, les Maltais, les Italiens, qui présentent un si grand intérêt politique, ne sont pas moins à désirer en vue de l'acclimatement.

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