‹ L'Algérie (volume 2)Chapitre 81 sur 93 · En · texte numérisé non relu

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rages, des dérivations, des irrigations. Il y a peu de terrains d'une absolue stérilité, surtout dans le Tell; pour produire, le sol ne demande qu'à être vivifié par la présence de l'eau. '

La population agricole comprend 2 300 000 indigènes, c'est-à-dire la presque totalité, et 138 000 Européens. Ici encore, il importe de faire une distinction entre les deux éléments ; l'outillage, les conditions d'installation ne sont pas comparables. A eux tous, les indigènes possèdent des constructions pour une valeur de 48 millions et un matériel estimé à 2 960 000 francs; les Européens, seize fois moins nombreux, ont pour 156 millions de constructions et pour 10.762 000 francs de matériel *. Les procédés des indigènes sont d'une simplicité enfantine. Point d'assolements ; chaque année, on laboure une petite partie de terrain, le reste demeure en jachère; pour amender le sol^ ils ne savent que brûler des herbes, des broussailles, quelquefois des forêts ; ils ne font pas usage d'engrais, ils prennent seulement la précaution de choisir pour leurs plantations de tabac les emplacements où ont été parqués des animaux. Leur charrue est une araire dont le bois n'est pas toujours écorcé, dont le soc ne porte presque jamais de fer; cet instrument grossier, traîné suivant les régions par des bœufs, des chevaux ou des mulets, trace des sillons irréguliers d'une profondeur de 10 centimètres; quand des obstacles se rencontrent, buissons, palmiers nains, plantes parasites, on ne prend point la peine de les déraciner, on les tourne respectueusement. On moissonne avec la faucille, on dépique en faisant piétiner les épis par ^des bêtes de somme. Autrefois, les grains se conservaient dans de grandes excavations en entonnoir, les silos. Un silo pouvait contenir jusqu'à 30 quintaux; aujourd'hui, lorsque l'Arabe a une bonne récolte, il ne fait pas de réserves, il aime mieux vendre. Beaucoup d'ignorance et

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