‹ L'AlgérieChapitre 67 sur 102 · SI · texte numérisé non relu

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A la fin de l'exercice 1901, le département d'Alger avait contracté pour 23 218 721 francs d'emprunt, celui d'Oran pour h 515 276 francs, celui de Constantine pour 25185 000. Les sommes restant dues en annuités, amortissements et intérêts s'élevant à 31 580 998 francs pour le département d'Alger, 3 370141 francs pour le département d'Oran et Zil939 751 francs pour le département de Constantine, soit au total 76 890 871 francs.

Le budget des communes est alimenté par l'octroi de mer et les taxes intérieures correspondantes, par les cen-

times additionnels à l'impôt arabe, par 1/10 du principal de la contribution des patentes, par les taxes sur les loyers, par la taxe des chiens, les prestations, les attributions sur les patentes, amendes, permis de chasse, les produits des abattoirs, les droits de place sur les halles et marchés, les droits de stationnement, vente et location sur la voie publique, les concessions d'eau, les concessions dans les cimetières, etc. En 1901, les recettes pour l'ensemble des communes des trois départements étaient de 36778 577 francs, les dépenses de 36 601 094 francs. Le montant des dettes communales s'élevait à 66638 296 francs.

En somme, si le budget spécial de l'Algérie peut s'équilibrer, c'est seulement à condition qu'on le crédite de la presque totalité des recettes sans le débiter de toutes les dépenses incombant à l'État en Algérie. On a affranchi le budget spécial non seulement des dépenses de la guerre et de la marine, mais des garanties d'intérêt des chemins de fer; la dépense étant de 20 millions par an, l'Algérie ne pourrait actuellement y faire face. Pour ce motif et d'autres encore, il serait donc puéril de contester l'existence d'un déficit algérien. Mais il convient d'observer qu'il est atténué, au moins partiellement, par les recettes perçues en France et que l'Algérie occasionne au Trésor*, qu'il est en tout cas largement compensé par les bénéfices d'un commerce de plus de 600 millions par an, par le produit des entreprises financières, industrielles, agricoles, commerciales, des placements hypothécaires ou autres où des capitaux français sont engagés, par l'existence assurée en Algérie à plus de 350000 Français.

1. Par exemple, les sommes perçues au titre de la petite vitesse sur les marchandises allant en Algérie ou en venant, la taxe des billets de chemin de fer sur les voyageurs, l'impôt sur les valeurs mobilières, les droits de transmission sur valeurs au porteur, les droits de transfert sur valeurs nominatives acquittés en France par les sociétés de crédit, les compagnies de chemin de fer ou de navigation qui opèrent en Algérie et qui presque toutes ont en France leur siège social.

Ces profits indirects représentent, non pas seulement réquivalont de l'excédent annuel des dépenses, mais aussi l'intérêt du capital de premier établissement, évalué à plus de h milliards, que la France a employé depuis 1830 à la conquête et à la colonisation de l'Algérie. Le bilan d'une pareille entreprise ne s'établit pas, cela est trop évident, comme celui d'une alTaire financière ou indus, trielle. En sinstallant en Algérie, la France a recherché et obtenu un accroissement de puissance militaire, une extension d'influence politique, des avantages qui ne se chiffrent pas, mais qui n'en sont pas moins appréciables pour une nation soucieuse de sa sécurité, de sa grandeur '^^ de son avenir.

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