Combe, ouvrages cités
Comme le chêne-liège donne une récolte dix ans après cette opération, on commence seulement à entrer dans la période de production des forêts. La première récolte sérieuse de liège date de 1890, où 1 263 quintaux furent vendus 34 000 francs. Depuis cette époque, la progression a été rapide, et en 1901 les ventes ont porté sur 58 000 quintaux et 1 950 000 fr. Le prix de vente a été de 33 fr. par quintal, et le prix de revient de 6 fr. : l'élévation de ce dernier chiffre s'explique par ce fait que TËtat a aliéné ou concédé toutes les forêts de chênes-liège d'un accès facile, ne conservant en général dans son domaine que les plus éloignées et les plus inaccessibles. L'établissement du réseau de chemins projeté sur les fonds d'emprunt diminuera les frais de transport et contribuera par conséquent à augmenter dans une notable mesure le revenu net des forêts.
Un crédit de 699 000 fr. est prévu au budget de 1902 pour les travaux de forêts. Une fraction de 550 000 fr. prise sur la première tranche de 10 millions de l'emprunt vient s'ajouter à cette somme. Les travaux se divisent en travaux neufs ou de premier établissement et en travaux d'entretien. Ils ont pour objet la construction et l'entretien des maisons forestières, l'achèvement de la mise en rapport des forêts de chênes-liège, l'établissement de tranchées de défense contre l'incendie et de débroussaillements partiels, la construction et l'entretien des routes et sentiers forestiers, le reboisement des friches et terrains nus, le repeuplement des vides dans les forêts domaniales et enfin les opérations matérielles de levés de plans, délimitations, bornages et aménagements. Une ère nouvelle va donc s'ouvrir pour les forêts de l'Algérie; une impulsion trop longtemps retardée va enfin hâter la mise en valeur des massifs et assurer leur conservation, si nécessaire pour le présent et plus encore pour l'avenir.