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CHAPITRE IV l'industrie, les mines, les carrières

Jusqu'à présent l'Algérie a été un pays essentiellement agricole; l'industrie proprement dite n'y occupe qu'une place secondaire. Cela lient en partie à ce que l'Algérie est à peu près privée des cours d'eau réguliers qui fournissent à la grande industrie les moyens de transport les plus économiques, et parfois la force motrice, et qu'en outre la houille doit être demandée à l'importation et se trouve ainsi grevée de frets onéreux. D'autre part, toute industrie créée en Algérie entre en concurrence avec des industries similaires existant en France depuis de longues années, munies d'un outillage perfectionné, desservies par un personnel rompu au métier, disposant de capitaux considérables, jouissant d'un grand crédit et de relations étendues.

En général, les indigènes pourvoient eux-mêmes à leurs besoins : ils tissent leurs tentes, bâtissent leurs gourbis, fabriquent leurs vêtements et leurs armes. Dans les villes, les 'Maures et les Juifs forment quelques corporations de cordonniers, de tisseurs, de brodeurs; on peut rechercher à litre de curiosités leurs tapis, leurs haiks, leurs maroquineries, leurs bijoux; mais tout ce qu'ils produisent ne suftit pas à alimenter un commerce important. Les industries indigènes ne peuvent d'ailleurs lutter contre les procédés plus perfectionnés et plus économiques de l'industrie européenne, dont ils n'ont pris que les côtés défectueux. Quelques efforts sont faits pour empêcher ces industries de mourir ou les faire revivre, Seule peut-être l'industrie des tissus et des tapis, qui d'après le dernier recensement occupe 6 li9i personnes,

et pour laquelle des écoles de fabrication ont été récemment fondées, pourra être conservée. Encore s'agit-il plutôt d'une industrie domestique, qui donnera à la femme indigène un gagne-pain et relèvera sa condition, que d'une véritable industrie d'exportation. Les tapis les plus réputés, ceux de Kalaâ, dans la province d'Oran, du Djebel-Amour, de Djelfa, de la Kabylie, de Sétif, sont bien loin d'égaler les tapis d'Orient.

Les Européens, dès qu'ils se sont fixés dans le pays, ont été obligés de se livrer aux différents métiers dont la civilisation la plus élémentaire réclame le concours; les diverses industries du bâtiment se sont installées; d'autres^ comme celles de l'ameublement, du vêtement, des constructions mécaniques, la carrosserie, la tonnellerie, rimprimerie commencent à se développer. L'exploitation des produits naturels sollicite une main-d'œuvre d'ailleurs facile et relativement lucrative. L'écorçage du chêne-liège, la fabrication des bouchons, la récolte de l'alfa, la cueillette du palmier nain, qu'on transforme en crin végétal, occupent un assez grand nombre de bras. Dans les territoires colonisés, des minoteries existent sur presque tous les cours d'eau; les farines algériennes sont très demandées sur les marchés de la métropole. Le blé dur, riche en gluten, fournit d'excellentes semoules et des pâtes alimentaires estimées. Les moulins à huile fonctionnent aussi en grand nombre, surtout dans les régions qui avoisinent la Kabylie. Sur le littoral, il s'est créé quelques ateliers pour la préparation des conserves de poisson.

En 1901, il existait en Algérie 10 845 établissements industriels en activité, occupant 49/i45 ouvriers. Parmi les industries trouvant en Algérie leur matière première, et qui ont pris en Algérie une certaine extension, on peut citer la tannerie et les industrie du cuir, qui occupent 2 5Zi3 ouvriers dans 694 établissements; la fabrication des tabacs (55 établissements et 500 ouvriers ou ouvrières)

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