‹ L'AlgérieChapitre 88 sur 102 · Burdeau, loc. cit · texte numérisé non relu

Burdeau, loc. cit

2. Voy. le rapport de M. Jonnart sur le budget de l'Algérie pour 1893, p. 85 et suiv.

annuelle de recettes de 2 pour 100, qui peut d'ailleurs ne pas être atteinte, mais qui peut aussi être dépassée. Les délégations financières, faisant preuve en cela de beaucoup de courage et de prévoyance, se sont alarmées de cette échéance. Le ministre des travaux publics a admis la possibilité de substituer à la répartition globale des charges et aux paiements successifs par la France et l'Algérie séparément, prévus par la loi, un système de participation immédiate et de paiements simultanés s'échelonnant sur toute la période des concessions. On s'est attaché à obtenir une solution conforme aux intérêts de la colonie. D'après le projet de convention du 12 Novembre 1903, une part contributive, fixée au début à un million par an avec une croissance annuelle de 100 000 fr. serait imposée à l'Algérie dès 1905. La part de la métropole est fixée au début à 18 millions et décroît ensuite de 300 000 fr. par an pour prendre fin en 1958. Des rôles sont établis pour le partage des excédents de recettes et la constitution d'un fonds de réserve.

Celle question sera sans doute prochainement résolue, ainsi que celle de la réforme générale des chemins de fer algériens, en vue d'assurer au réseau un régime mieux approprié aux besoins économiques de la colonie et à l'organisation nouvelle qu'elle a reçue depuis quelques années. Le premier acte de toute réforme de ce genre est le rachat des réseaux actuels en vue de leur unification. Le réseau de la Compagnie franco-algérienne est déjà racheté et exploité provisoirement par l'Élat depuis la fin de 1900. Les lignes du P.-L.-M. sont rachetables depuis 1875, celles de TOuest-Algérien depuis 1898, celles du Bône- Guelma depuis 1902; celles de l'Est-Algérien le seront en 190/i. Une fois le rachat efi'eclué, on aura à choisir entre le système de l'exploitation directe et celui de TafTermage. Le réseau pourrait par exemple être partagé entre deux compagnies : l'une exploiterait les lignes à l'ouest d'Alger, une autre les lignes à l'est d'Alger .

D'après la nouvelle convention, la colonie se trouvo, sous certaines réserves, maîtresse des tarifs et des travaux complémentaires, mais ayant à faire face aux charges, intéressée par suite à éviter les abaissements exagérés de tarifs et les détournements de trafic par la création de lignes nouvelles qui aviliraient le produit net.

Il convient d'ajouter que les recettes des chemins de fer ne permettent pas à elles seules d'évaluer leur utilité. « Le premier et le plus incontestable produit du réseau algérien, écrivait M. Jonnart, la sécurité augmentée, l'accroissement de la fortune publique, la mise en valeur du sol ne peut guère se chiffrer. » C'est l'œuvre la plus essentielle de toutes, en matière de colonisation, que le développement des travaux publics et des voies de communication; c'est celle dont dépendent toutes les autres.

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