AYANT-PROPOS XVII
donc cette écriture? lui demanda- t-il. — Oui, je la comprends, et je Técris : car c'est la mienne aussi. Regarde : ce sont nos lettres, c'est notre langue. — C'est vrai,» répondit-il gravement ; puiss'adressant aux indigènes qui l'accompagnaient : « Les roumis, leur dit-il, sont vraiment les fils des Roumâns, et, lorsqu'ils ont pris ce pays, ils n'ont fait que reprendre le bien de leurs pères. »
Une aventure analogue arriva au savant M. Berbrugger dans- un de ses nombreux voyages en Algérie. H manifestait le désir de visiter des ruines voisi* nés, et les indigènes l'en détournaient avec une singulière insistance. « Ce ne sont pas des ruines romaines, disaient les gens de la tribu ; ce sont des ruines arabes. » Il me semblait, racontait Berbrugger, être en présence de débiteurs de mauvaise foi niant leur dette et refusant de laisser voir les titres qui pouvaient la constater.
Chargés de ce précieux héritage, appelés à reprendre en ce pays, dans des conditions que je crois moins faciles et moins favorables, l'œuvre civilisatrice des Romains, nous avons, sinon cet avantage, au moins cet attrait et cette émulation qu'ils se soient avant nous essayés à la même tâche laborieuse . Ce serait un bien beau et bien profitable sujet d'étude que de demander à l'histoire de l'Afrique romaine les leçons et l'expérience du peuple qui sur ces matières a été le maître des maîtres, que de surprendre à leur œuvre admirable ces grands ouvriers d'autrefois. Il ne serait pas inopportun sans