Mommsen
2. « Les triumvirs (Crassus et Pompée) avaienl pris le consulat pour prendre autre chose. Le tribun Trebonius présenta une rogation qui donnait à Pompée l'Espagne et l'Afrique, à Crassus la Syrie et les contrées voisines pour cinq ans, avec le droit d'enrôler autant de soldats qu'il leur conviendrait (55). — L'Afrique continua d'avoir des gouverneurs particuliers, mais placés sous l'autorité supérieure de Pompée, qui, pour son intendance des vivres, avait besoin de pouvoir commander dans la province considérée comme le grenier de Rome. » (Appien, Bell. civ.y II, 18; et Plutarque, Pomp., 52.) — V. Duruy, t. III, p. 244.
3. Dion, XLI, 41 . — « Ce royaume, divisé après la mort de Jugurlha, avait été de nouveau réuni ; et, sous Juba, il s'étendait, à travers de
mencé le grand duel, Juba prit-il immédiatement parti pour Pompée.
Mais, que le roi de Numidie se fût si hautement déclaré en sa faveur, c'était là presque une raison pour que les princes maurétaniens se jetassent dans le parti contraire et adoptassent l'autre çof. Bocchus n et Bogud I®', héritiers du vieil allié de Marins, devaient d'ailleurs assez naturellement se retourner du côté de César *. Ce qui est sûr, c'est que leurs deux fils, Bocchus III et Bogud H, qui devinrent leurs successeurs vers l'an 50, à ce qu'il semble, habilement reconnus et salués par César dès le lendemain de leur avènement, proclamés rois par lui et amis du peuple romain, embrassèrent chaudement la cause d'un homme qui ne manquait pas de leur renouveler les promesses que Marins avait faites jadis à leur aïeul, et leur adjugeait à l'avance le royaume de Juba vaincu. Battu en Europe, le parti aristocratique eut pendant quelque temps le dessus en Afrique : Curion, avec deux légions, était passé de Sicile en Afrique, où Varus commandait pour Pompée. Juba mit en mouvement
fertiles régions, de TAmpsagas à la mer des Syrtes. De celte manière, il couvrait la province contre les incursions des nomades; mais aussi il Tenveloppait d'une façon dangereuse. Juba le prouva bien durant la campagne de César en Afrique. Cependant le Sénat n'avait pas négligé ses précautions ordinaires. Du c^té de la mer des Syrtes, plusieurs villes libres, Thapsus, Leptis Minor, Acbulla, Usilla, Teudalis , peut-être Hadrumète, étaient comme autant de portes ouvertes sur la Numidie. C'était par là que César était entré. Marins, son grand oncle, lui avait préparé d'autres auxiliaires. Les Gétules, que Strabon appelle la plus grande des nations libyennes, et qui plantaient leurs tentes sur le revers méridional de TAtlas^ étaient, pour leur approvisionnement en grains, dans la dépendance des rois numides; mais cette dépendance, ils la supportaient avec peine, et Marins, en laissant sui)sister la Numidie, avait eu soin de nouer parmi ces nomades, établis sur les flancs du royaume, des intelligences dont Rome pût au besoin profiter. Nombre de Gétules étaient devenus ses clients ou avaient reçu le titre de citoyens romains. César, en réveillant ces souvenirs^ entraîna la nation tout entière, et la diversion faite par ce peuple aida beaucoup à la^ défaite des pompéiens. » (V. Duruy, t. III, p. 625.) i. Bell, Afr.ySn.
toutes ses forces, les réunit à celles de Vanis et ranporta une grande victoire sur Curion, auprès du Bagredas. CurioD se tua : le vainqueur égorgea les légionnaires prisoiimer§(49). Mais, lorsque César eut vaincu Pompée à Pharsale, étouffé la résistance des Alexandrins et la vaine tentative de Pharnace , lorsqu'il n*eut plus devant lui que l'Afirique, il se hâta d'accourir, débarqua à Hadrumète, et vint battre complètement à Thapsus les restes du parti pompéien, commandés par Scipion et par le roi de Numidie, pendant qu'un de ses lieutenants, Sittius, sorte de condottiere hardi et intelligent, ancien soldat de Sertorius, aidé de Bocchus et de Bogud, se jetait sur Cirta et l'enlevait. Juba se tua de désespoir.
Cette fois, c'en est fait de la Numidie K César en réunit la partie orientale, sous le nom A'Africa nova, aux possessions romaines d'Afrique, et partage le reste du royaume de Juba entre ses deux précieux alliés: Cirta, avec son territoire propre et ses dépendances, c'est-à-dire les trois colonies de Milevum, de Chullu et de Rusicade, ainsi que les vtci et pagi qui y ressortissaient, est donnée au vaillant Sittius comme une façon de principauté indépendante ; le pays situé entre l'Ampsagas et le méridien de Saldae, c'est-à-dire le pays de Sétif, est ajouté aux Ëtats de Bocchus. L'Afrique romaine s'étend ainsi désormais de la Cyrénaïque à l'Ampsagas : au vieux territoire de Cartbage, annexé depuis cent années, s'ajoute une seconde province, une autf^e Afrique, la Numidie, et le premier à qui César confie le nouveau gouvernement, c'est G. Crispus Sallustius '.
1. 46 av. J.-C, 708 a. u. c. La Cyrénaïque a été léguée au peuple romain par son roi et est devenue province romaine depuis 74.
2. De bello afr,, XCVII. Sur les colonies Sittiennes ou Cirtéennes, voir App., n. c, IV, 55; César, B, afr., 25, 30, 93, 95, 96; Ptolémée, IV, 3; un grand nombre dïnscriptions du recueil de L. Renier; enfin lui savant mémoire de M. Mommsen {Hermès : erster Band, Berlin, 1866), et un article de L. Renier dans la Revue archéologique de 1852. Ce Sittius est le personnage qui figure dans le Catilina* de Salluste (XXI). Catilina, exposant aux conjurés toutes ses espérances, tontes ses
Sera-ce là encore une annexion définitive? Non pas : vainqueur à Actium et maître tout-puissant de Tempire, Auguste se souvient d'un jeune prince numide qui avait
chances de succès, leur montre, en Espagne, Pison; en Maurétanie, P. Sittins de Nucérie, tous deux gagnés à la cause a praeterea esse in Hispania citeriore Pisonem, in Mauretania cum exercitu P. Sittium Nucerinum^ consilii sui participes... »
Après la catastrophe de Catilina, Sittius fit vendre ses propriétés d'Italie et se fixa auprès du roi Boccbus^ avec qui il était en comptes et qui lui devait de grosses sommes : « Magna ratione cum Mauretanix rege contracta. » (Cic.) Là^ à la tète d'une bande d'Italiens et d'Espagnols qu'il arma, exerça et disciplina k la romaine, il se fit comme condottiere un nom très redouté. Il s'était constitué « une sorte de royauté nomade. Il avait réuni autour de lui des aventuriers de tout pays, en avait formé une petite armée, qui avait une escadre de guerre, et il errait le long des côtes ou dans les terres, vivant tantôt de pillage et tantôt de la solde que lui payaient les chefs auxquels il vendait son assistance. » (V. D). — Dix-huit ans plus tard, pendant la guerre d'Afrique, Bocchus est le fidèle allié de César, et, à la tète de la petite flotte et de l'armée de Bocchus, on retrouve Sittius, l'ancien ami de* Catilina, et le naturel partisan d'une cause k laquelle il rend les plus grands services.
« Sittius était fort indifférent à la grande querelle qui ébranlait le monde romain; mais la fortune des pompéiens lui inspirait peu de confiance, tandis qu'il en avait une grande dans celle de César; et puis, il ne se peut pas que^ dans sa vie vagabonde, quelques démêlés avec Juba ne lui aient point attiré l'inimitié de ce roi. Sittius avait une grande connaissance des lieux, et des intelligences dans les deux royaumes Dumide et maure : César lui donna la mission de décider Bocchus à envahir les Etats de Juba, quand ce prince les quitterait pour rejoindre ses alliés... »
C'est encore Sittius qui prend Cirta, soulève les Gétules, qui ne pardonnaient pas à Pompée de les avoir soumis aux rois numides, et par cette heureuse diversion rappelle Juba à la défense de son royaume...
Après Thapsus, Scipion s'était embarqué pour l'Espagne; mais la tempête le jeta à Bône, et ce fut l'escadre de Sittius* qui l'enveloppa. Entre ses mains aussi tomj3èrent Afranius et Faustus Sylla.
C'est lui enfin qui, quatre ans plus tard (42), vaincra et tuera, pour le compte des triumvirs, Cornificius, qui (Commandait au nom du Sénat dans l'ancienne province d'Afrique. — V. D.
Lors du second triumvirat, dans le partage du monde romain, c'est Octave qui a dans son lot l'Afrique, avec la Sicile et la Sardaigne. Le nouveau partage qui suit la bataille de Philippes donne à Octave l'Espagne et la Numidie, à Antoine la Gaule Chevelue et l'Afrique, laquelle échoit ensuite k Lépide. Lépide une fois déposé (36), Antoine prend pour lui l'Orient, Octave l'Occident, et c'est Statilius Taurus qu'il envoie en Afrique, pour prendre possession de cette province.
figuré jadis parmi les illustres captifs dans le triomphe de César, entre la sœur de Gléopâtre, Arsinoé, et le grand Vercingétorix. Élevé à Rome, à la cour, il devint Ton des hommes les plus échirés de son époque : c'était le fils de Juba P% le fidèle et dévoué pompéien. Auguste a bonne grâce à oublier les griefs et les injures de César ; il le peut faire impunément. U rend donc au jeune prince barbare, devenu romain, Juba n, une partie du royaume de ses pères, tout le territoire qui s'étendait depuis le cours de TAmpsagas jusqu'aux frontières de la vieille Afrique, c'est-à-dire la Numidie propre, tout le ricbe pays de Constantine.
Ce ne sont pourtant ici même que des dispositions provisoires. A la mort de Bogud, roi de la Maurétanie occidentale, Bocehus son frère réunit son royaume au sien propre S la Maurétanie Tingitane à la Maurétanie Césarienne, et se trouve ainsi maître de cette immense portion de l'Afrique septentrionale qui s'étend depuis Saldae jusqu'à Tocéan Atlantique. Il y a là quelque ombre de danger; mais le danger dure peu : Boccbus meurt vers l'an 30 avant Jésus- Christ, sans laisser d'héritiers. Que fera Auguste? se chargera-t-il immédiatement du fardeau de celte lourde succession vacante? Point du tout : il tolère d'abord dédaigneusement une sorte d'interrègne, rempli d'ailleurs par des fonction-
1. 11 est permis de ressaisir ici une fois de plus, en passant, d'une façon particulièrement curieuse et frappante, le trait de mœurs berbère que j'ai déjà marqué dans cette étude. Nous venons de voir les deux frères, Bocehus et Bogud, enrôlés tous les deux sous les bannières de César. £n 46, ils contribuent pour une bpnne part à sa victoire : il est vrai qu'ils ont devant eux un compatriote, un Berbère, Juba, le vaincu de Thapsus, dont ils convoitent l'héritage. L'année suivante, en 45, les voici frères ennemis, el partisans d'un çof contraire : Bogud combat pour César k la bataille de Munda, et les fils de Bocehus sont dans l'armée de Sext. Pompée. Quelques années plus tard, Bogud, mal inspiré, se déclarera pour Antoine : il semble même qu'il soit venu le rejoindre en Grèce avant la bataille d'Actium , et qu'il ait péri dans le Péloponèse ; Bocehus immédiatement prendra fait et cause pour Octave. Il s'en trouve bien au reste : Octave lui accorde les dépouilles fraternelles.
naires romains ; puis il juge bon de rendre momentanément à la Maurétanie un souverain, et ce souverain, ce sera Juba. Juba venait de recouvrer, par un don gracieux de l'empereur, sa Numidie héréditaire; mais cette Numidie, voisine de la province romaine et déjà presque assimilée ou aisément assimilable, n'a plus besoin d'éducation ; Auguste l'annexe, et cette fois définitivement, à la province romaine. Juba reçoit en échange la charge des Maurétanies ^ ; il aura comme à les préparer, pour ainsi dire, à les civiliser, à les romaniser peu à peu, à les façonner au joug prochain de la domination de Rome '. Juba n, du sein de sa brillante capitale de Gésarée (Gherchell), s'acquitte en effet fidèlement de la tâche qui lui est confiée, gouverne discrètement et non
1. Mauros Jaba rex acceperat, donum populi romani. (Tac, Ann., IV, 5.) a. u. c. 729 = 25. L'Anipsagas est la limite fixée entre le nouveau royaume de Jaba, c'est-à-dire les Maurétanies, et le terri toire romain : Numidie et pays de Garthage. Ce sera là désormais une frontière administrative, une division fondamentale. Le savant docteur Reboud, en explorant les ruines romaines des environs de Mila ^Milevum), a découvert tout récemment la petite ville de Tucca, fines Nitmidiœ et MaurUaniœ. Cet ancien municipe ne se trouve pas sur le bord de la mer, comme le dit Pline, ni à l'entrée de la vallée où s'engage le Roumel {Ampsagat)y après sa jonction avec TOued-Endja, mais bien dans la vallée même , entre Mila et Ël-Milia.
2. « Les deux races étrangères, les Grecs et les Phéniciens, sont maintenant soumises à Rome. La race noire lui échappe et lui échappera toujours, mais elle se trouve en face des Libyens qui, dans la Zeugitane et la Byzacène, ont été façonnés au joug de Garthage, et, dans la Numidie, ont commencé à Tètre par leurs rois, gagnés depuis un siècle à la civilisation ronaine. Si la république ne s'est point heurtée, chez ces peuples, contre ce qui fait les résistances désespérées, l'opposition religieuse, elle y rencontra une telle opposition de mœm's qu'Auguste jugera prudent d'abandonner le gouvernement de ces pays à des princes indigènes, pour qu'ils y fondent des villes qui rendront l'occupation plus facile, pour qu'ils appellent le commerce, les lettres et les arts qui créeront des intérêts favorables à la domination étrangère, pour qu'ils préparent, en un mot, ces peuplades incultes à recevoir l'action directe de Rome. » (V. Duruy, t. 111, p. 629.)
u Dans l'intérieur de la Numidie, une ville éclipsait les autres et ne pouvait plus même être appelée une cité barbare , Girta, où Micipsa avait appelé des colons grecs et que Gésar avait donnée à ses aventuriers italiens. » (Duruy, ihid.)
188 ArmEXION PROGRESSIVE
sans quelque éclat sou nouveau royaume, modelant ses tiques et ses institutions sur celles qu'il avait lui-même étudiées à Rome, et se fait, pendant prés de cinquante ans, Texécuteur docile, distingué, ménagé, entouré d'honneurs, des instructions impériales. U meurt après un long règne, en 23 après Jésus-Christ, laissant son royaume à Ptolémée, le , fils qu'il avait eu de Cléopâtre Séléné, le petites de b fameuse Cléopâtre. Ptolémée vient à Rome ; l'avarice ou la . jalousie de Caligula l'y fait étrangler : le royaume des Maorétanies est réuni à l'empire et partagé en deux provinces': l'Afrique, et, cette fois, l'Afrique, contrée du monde, est défmitivement romaine.
Ainsi, ce n'est qu'après deux siècles et demi que Rome se décide à adopter et à reconnaître pour sienne cette Taste Afrique septentrionale ! € 232 ans avaient été nécessaires pour opérer la fusion des peuples, pour cimenter leur union, pour bâtir enfin le durable édifice de la domination romaine en Afrique ^ ! » En détruisant Carthage, Rome s'était bien gardée de se substituer immédiatement à son empire sur tous les points qu'elle avait occupés ; solidement assise et modestement installée dans son humble et nouvelle province, ellea pourtant pris pied pour jamais en Afrique ; elle surveille, protège, grandit ou renverse tous ces rois indigènes, dont elle s'est servie pendant la guerre et dans les intervalles de la guerre, dont elle se sert ensuite comme d'initiateurs à la conquête future, comme de pionniers de sa domination, dont elle utilise enfin le blé, l'argent, les éléphants, surtout la cavalerie, pour ses guerres dans le reste du monde. Cependant elle attire à elle des colonies qui grandissent, une immigration qui prospère sous un climat propice et clément aux Italiens ; commerçants et colons affluent, répandent petit
1. Romana arma primum, Claudio principe, in Mauritania beUavere, Ptolemœum regem a Caesare interemptum ulciscente liberto vEdemone. (Pline.) L'expédition de Paulinus est de 42,
2' Dureau de La Malle,
à petit la langue latine. les mœurs et les institutions romaines. Si la conquête armée et de vive force a d'abord ouvert le pays, l'immigration s'en empare, l'occupe, le peuple et l'assimile. La carrière ouverte est bornée sagement ; la politique romaine ne l'a point voulue démesurée, ni faéile en quelque sorte et tentante aux témérités, aux imprudences , aux éparpillements aventureux . La tache d'huile se fait et se répand lentement, gagnant de proche en proche; les limites, les termes ne reculent que peu à peu, en toute sécurité et toutes précautions prises, à la fois devant les nécessités politiques et les succès militaires, devant l'accroissement de la population italienne, le développement de la population créole acclimatée, et l'assimilation ou du moins le rapprochement des indigènes. La destruction de Carthage est de 608 ; cent ans après, au lendemain de la bataille de Thapsus, c'est la Numidie seulement que César réunit à la province romaine ; les deux immenses Maurétanies demeu* rent encore indépendantes! « Auguste,, dans un règne de^ cinquante-huit ans, emploie toutes les ressources de sa politique habile et rusée pour triompher des résistances de l'mdépendance africaine. La Numidie, pillée et vexée par Sallyste, menaçait de se soustraire au joug imposé par César : Auguste lui rend la liberté, un gouvernement national, un roi issu du sang de Masinissa. Mais ce roi a été élevé à Rome ; il a pris les goûts, les mœurs , les habitudes et l'instruction du siècle d'Auguste. L'empereur l'a formé de ses propres mains au respect, à l'adulation et à la servitude» C'est le modèle de ces i^eges inservientes^ ces rois esclaves, si bien peints par Tacite. Juba est chargé de façonner son peuple à la crainte de Rome et à la soumission. Quand Boc* chus et Bogud sont morts, laissant leurs Etats au peuple ou plutôt à l'empire romain, Auguste reprend à son élève la Numidie romanisée, si l'on peut hasarder le mot, par ses soins et par son exemple ; il la réduit en province et donne à Juba les Maures farouches, les Gétules indomptés, pour
i90 ANNEXION PROGRESSIVE
apprivoiser lentement ces bêtes sauvages des déserts africains. Ce n'est enfin que lorsque ces rois esclaves ont rempli leur mission, lorsque deux règnes successifs de princes mariés à des Romaines, lorsque des colonies civiles ou militaires, formées de Romains, de Latins, d'Italiens, ont infiltré de plus en plus dans le pays Tusage de la langue, le désir des lois, le goût des mœurs, des habitudes, des vertus et même des vices du peuple conquérant; ce n'est qu'après avoir si bien préparé les voies que le sénat décrète la réu-. nion à l'empire, que les deux Maurétanies sont à jamais réduites en provinces sujettes et tributaires *. »