L^ADMINISTRATION DES PROVINCES
Tentretien d'une grande voie italienne et de ses embranchements ; enfin de l'administration du trésor de guerre *. U sort le fait alors proconsul de Macédoine, puis il est nommé gouverneur de la province de Numidie et commandant de la légion 111° Augusta, qui, en l'honneur de l'empereur régnant, et ce détail donne la date approximative de l'inscription, porte le nom de Severiana Alexandriana *. C'est cette charge . considérable qui le mène, comme elle mène d'ailleurs presque tous ceux que nous en trouvons revêtus, à la plus grande et
second siècle, se gouvernaient elles-mêmes, n'avaient pas été toujours bien administrées ; il leur était arrivé souvent de ne pas choisir pour magistrats les plus intelligents et les plus honnêtes ; les revenas y étaient parfois dépensés sans proût ou scandaleusement dilapidés. Quand leur fortune se trouvait trop embarrassée, elles sollicitaienl l'ingérence du pouvoir central dans leurs affaires, et le représentant qu'il envoyait pour y remettre de l'ordre (curator) était toujours bien accueilli. Ainsi naquit, plutôt par la volonté dès sujets que par l'ambition du maître, cette centralisation effrayante que le code théodosien nous dépeint sous de si tristes couleurs : elle a fini par perdre l'empire ; mais tant qu'elle s'est contenue dans de sages limites, et quand le pouvoir était aux mains d'un Trajan ou d'un Marc-Aurèle, elle en a fait la prospérité. » — {L'empire romain en Orient : Hevue des Deva- Mondes, 1" juillet 1874.)
1. Voir l'article de M. G. Humbert sur rœraritim mt/i/are, dans le Dictionnaire des antiquités grecques et romaines. Vœrarium militan est un trésor spécial institué par Auguste : 6 apr. J. C. Ce fut d'abord une caisse de retraite pour les soldats (Mon. Ancyr. tab. 3, lin. 35), puis, par une destination plus générale, ce trésor servit à l'enlrelien des troupes. Il fut alimenté par divers impôts de nouvelle création et d'autres ressources; par exemple, tout naturellement, par le butin de guerre, prœda. L'administration de cette caisse fut confiée à des prœfecti ou prœtores œrarii militaris. li'empereur disposait entièrement du trésor de l'armée, comme chef militaire chargé de pourvoir à la solde et à l'entretien des troupes, aux frais de la guerre en général.
2. Le nom de l'empereur a été martelé sur l'ordre de iMaximin. (Voir à ce sujet ma thèse latine : Lambèse et la 3c légion.) Les exemples abondent de ces radiations politiciues. J'en trouve un, entre tant d'autres, dans une inscription latine reproduite par le Bulletin de correspondoMe hellénique (déc. 1880), datée de l'an 65 de notre ère, du premier consulat de Néron, et où le nom de cet empereur a été à dessein effacé sur la pierre. On sait que Néron, comme avant lui Caligula, ne fut pas proclamé divus, et que sa mémoire fut maudite.
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à la plus enviée de toutes, à celle qui est la dignité par excelcence, au consulat.
Lucius Novius Grispinus Martialis Saturninus a été, comme le personnage précédent , gouverneur de la Numidie et commandant supérieur des forces romaines en Afrique. Des vétérans de la légion IIP Âugusta lui élèvent un monument, peut-être une statue; car c'est sur un dé de piédestal, trouvé auprès du temple d'Esculape, à Lambése, qu'a été gravée l'inscription que voici : elle est datée de Tan 150.
L • N V I • C U I s P 1 N • M A U T I A L I • S A T V R N I N C S • D E S I (i • L i: (i • A V G • P K • P II • P UO VIIS CIAEAFIlICAi:PIl()(U)S.(îALLIAK NARBONE]NSISLE(i-AV(iLEGT- ITALICAE L E G • A VG • 1 V R 1 1) I c:()- ASTYRIAEEÏGALLAECIAE PRAETORITRIRPLEn-QVAESTORIPROPRAET- P RO V I >' C I A E • M A C E I) MAE'TRIR- M I L •
L E G • V 1 1 1 1 • II I S J> • Il II • V I R • V I A R V M CVRANDARVM-SEVIRO-EQvROMAiNORVM V E T E R A N I • L E G • TTl • A V G • QVI-MILITARECOEPERViNT'GLABRIONE ET-TORQVATOITEMASIAÏlCOrTEï-AQVILINOGOS
Cette inscription doit se lire ainsi :
Lucio Novio Crispino Martiali Saturnino, consul! desi^'nato, lefjato Augrusil pro prictore provinciie Africuî , proconsuli Galliie Narbonensis , Icgato Au^^usli Icgioiiis prinuu Italicic, legato Augusti juridico Astyriicot Gallaîciui, proctori, tribuno plebei, quajstori pro pnetorc provinciaj Macedoiiiiiî, Iribuno militum logionis nome llispanu;, quatuorviro viaruni curandaruiii, soviro eqiiitum Romanorum.
Veterani legionis tcrtiie Augustœ, qui niilitarc C(eperunt GlabrioDC et Torquato, itom Asiatico II et Aquilino consu- Jîbus K — (a. 124, \^2t). — m^us, !27i7.)
1. hiscr. rom. de l' Algérie , n" 10. Le inôrae personnage ligure dan^ les iuscriplions 17, 18 et 20 de Lambèsc, et 1410 de Verecuuda.
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Les dignités sont mentionnées ici dans Tordre inverse; du fuite des honneurs l'inscription retombe au point de départ, redescendant comme à reculons tous les degrés des magistratures. Au moment où lui est élevé le monument, L. Novius Oispinus est légat impérial propréteur de la province d'Afrique* : c'est là son titre officiel; mais un plus grand honneur l'attend : il est désigné pour le consulat, et c'a été là sans doute l'occasion qui a provoqué l'hommage des vétérans. Auparavant il a été proconsul de la Gaule Narbonaise *, légat impérial commandant de la légion I"^ Italique, légat impérial chargé des affaires de justice dans le dioœse d'Astyrie et Gallécie, sous les ordres du gouverneur de la Tarraconaise. Ces fonctions de juridicus ou de legatus juri (licundo étaient des fonctions prétoriennes : L. Nonus ne le* a remplies en effet qu'au sortir de la préture. Cette préture môme, après combien d'emplois divers lui arrive-t-elle en partage ! Tribun du peuple, questeur propréteur de la province de Macédoine, c'est-à-dire délégué par le proconsul pour les fonctions judiciaires, tribun des soldats de la légion 9® Hispana, quatuorvir chargé de l'entretien des voies intérieures de Rome^; enfin, tout au début, sévir des chevaliers