‹ L'Algérie romaineChapitre 109 sur 174 · Vîp (h César j · texte numérisé non relu

Vîp (h César j

20M l'administration DBS PROVINCES

raies, et garda (;es allures décentralisatrices, chaque gouverneur, à son tour, dans les limites parfois si étendues de la contrée qu'il administrait, dans les vastes frontières de son commandement, observait les mômes régies de conduite, la même méthode politique , et faisait en (juelque sorte bénéficier sa province et ses subordonnés de ce môme libéralisme systématique, de cette môme autonomie administrative, de ce même respect en un mot des traditions et des franchises locales \ A comprendre dans ce large sens, ù appliquer de cette haute et intelligente manière la vieille et flore devise du poète national, regere imperio populos, les choses, dans la pratique, se simplifiaient singulièrement; la machine gouvernementale se passait de tous ces nombreux rouages et de cet outillage compliqué dont s'embarrasse et s'enchevêtre l'administration moderne. Dans une province vaste comme un royaume, un homme suffisait à donner le branle, à surveiller, à diriger la marche. « Les aristocraties qui administrent gratuitement, les démocraties, qui doivent administrer économiquement, ne multiplient pas dans l'Etat les fonctions publiques; la monarchie, au contraire, fait pulluler les places: témoin l'aristocratique Angleterre, qui n'avait naguère que 24 000 employés émargeant au budget de l'Etat, et l'empire de Constantin, où l'armée des fonctionnaires égalait celle des légions. Rome républicaine ne voulut jamais entrer dans le détail de l'administration des provinces. Elle affermait les impôts, pour n'avoir pas à les lever elle-même, les travaux publics, pour n'avoir pas à les conduire, et elle laissait

1. « Les constitutions municipales conservaient l'ancienne organisation aimée des indigènes ; seulement on la rapprochait des institutions aristocratiques de Rome, comme on ramenait peu à peu les lois civil^^ des vaincus aux lois civiles des vainqueurs... Les édits des préteurs el des questeurs provinciaux, souvent même des sénatus-consnltes up^' raient cette fusion.

« On permit même au peuple, surtout en Grèce et en Orient, de célébrer en commun leurs fêtes religieuses et de reformer leurs ligues inoffensives. » (V. Duruy, t. II, p. 166.)

l'adminisjration des provinces 209

villes gérer leurs propres affaires, avec Tintention de ne s*en mêler que si la paix publique était troublée. Elle gouvernait, elle n'administrait pas ^, » Cette doctrine, ces traditions, ce système ne disparurent point avec la république ; ils prévalurent encore et se perpétuèrent sous les empereurs. Ni Auguste ni ses successeurs ne comprirent autrement la domination et l'empire que ne faisait naguère le Sénat, et les vieilles maximes, les pratiques gouvernementales dès longtemps éprouvées demeurèrent en pleine vigueur : « la plus énergique centralisation politique, mais beaucoup de liberté administrative; une volonté souveraine, à Rome, pour la vie générale de l'empire, et de Tindépendance dans les provinces pour la gestion des intérêts locaux. Les villes provinciales gardaient et garderont encore pendant trois siècles leur religion, leurs coutumes ou lois particulières et leurs magistrats, leurs assemblées publiques, leurs revenus et leurs propriétés ; de sorte que, à les voir s'administrer à leur guise, on les eût prises pour de petits Etats auxquels il ne manquait que le droit de troubler la paix publique et de se déchirer par des guerres continuelles, comme au temps de leur liberté *. »

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