R. A., III, 1, 229. — Bull, dell insUL, nov
de l*Etat par l'influence que lui donnent sur le Forum les blés dont il dispose. »
MM. Henzen et L. Renier ne partagent point cet avis. M. Henzen pense que, dès l'origine, la Numidie forma une province particulière, sous le nom A'Africa nova * ; et il appuie son opinion sur des textes qui me semblent formels : Dion Cassius dit positivement, en parlant de l'année 40 avant notre ère, que Rome avait à cette époque deux pro-. vinces en Afrique; et, par surcroît, il en nomme les gouverneurs *. C'est ainsi que, d'accord en cela avec un passage d'Appien ^, il nous montre, avant le triumvirat, un certain Titus Sextius administrant au nom du Sénat le territoire numide. N'est-ce pas là une preuve que la Numidie a eu, dès l'année 46, une organisation bien distincte? Et lorsque, au chapitre suivant, Dion ajoute que, dans le partage que se firent des provinces Octave et Antoine, le premier eut la Numidie et le second l'Afrique, n'est-ce pas là un témoignage de plus de la dualité et d'une séparation qui remontait évidemment à la bataille de Thapsus? Mais que dire surtout, en présence du passage que l'on peut appeler vraiment classique, où l'historien de la guerre d'Afrique * nomme le premier et illustre proconsul de la nouvelle province, le lieutenant et ami de César, Salluste : ihi Sallustio pro consule cum imperio relicto?
Léon Renier, dans la savante étude où il commente une inscription relative à l'historien Velleius Paterculus ^, adopte complètement l'opinion de M. Henzen. Il montfe, après Thapsus, la Numidie réduite à son tour en province romaine sous le nom d'Africa nova (Afrique nouvelle), et,
i. Dion (XLUI, 9) distingue entre une Afrique ancienne, le pays de Carthage, et une Afrique nouvelle, le pays numide. Voir encore Pline, £r. iV., V, 4; et Ptolémée, IV, 3.