‹ L'Algérie romaineChapitre 121 sur 174 · Dion, LI · texte numérisé non relu

Dion, LI

2. Les inscr. rom. de l'Algérie, 2725, 2728, 2733, 2743, de Guelma, mentionnent des proconsuls : elles sont, il est vrai, d'époque tardive; mais il est positif que Calama était compris dans le diocèse d'Hippone. ATagura (Taoura, au N^ E. de la province de Constantine), une inscription de la deuxième année du règne d'Hadrien mentionne le proconsul Minicius Natalis (/. A., 4250). Nous sommes donc là en Afrique et non en Numidie. Voir ce que je dirai plus loin, avec plus de précision, des limites de l'Afrique et de la Numidie.

3. « Auguste était encore en Espagne quand il régla les affaires de 'Afrique occidentale. Il avait déjà fondé plusieurs colonies dans cette égion et commencé son organisation en province, dans le temps où il invoyait de nouveaux colons à Carthage, alln,que les Maures et les Nunides fussent pris comme entre deux foyers de la vie romaine. Trouvant es Maures trop barbares pour la régularité de l'administration impéiale, il leur rendit un gouvernement indigène. Juba, fils de l'ancien roi

victoire Je Tliapsus. avait fondé quelques colonies aulour de (]irta et donné Je territoire de c<ille ville à Sittius, ee brave et précieux chef de bandes, qui lui avait renda, pendant toute cette campagne, (hii services considérables. Celle Confédération cirtéenne. qui formait, dans le royaume rendu par Auguste au fils de Juba, une anomalie singulière, constituait au cœur du pays numide un groupe solide de colons sûrs, nombreux et a'çuerris. un novau de citovens romains sur les^juels pouvait s'appuyer sans crainte Tadministration de l'empereur : c'était là un territoire assimilé et comme une région italienne, et sans doute est-ce là qu'il faut chercher la principale raison du prompt revirement par lequel Auguste reprit la Numidie à Juba et donna en échange ao jeune roi client la lointaine et sauvage Maurétanie. avec ce dangereux appoint d'un bon nombre de tribus de Gélules'.

(le .Nuraidie, qu'on avait élevé à Rome dans le culte des lettres et ^^ respect de la puissance romaine, reçut comme royaume une partie du pays des Gétules et celui des Maures à l'ouest de TAmpsagas. (Dion, Lïll, 26.) Le grand port de ^aidœ, entre Cœ^area et le cap Tre^ui», marquait la frontière de l'Afrique romaine du côté du nouveau royaume. (Strabon, XVII, 3, 12 et i:i.) Mais de l'Espagne les Romains surveillaient la Maurétanie, qui était, pour une partie de ses approvisiomieraents, dans la dépendance de la Bétique, comme le Maroc l'est aujourd'hui de (Gibraltar pour les objets manufacturés. A Mellaria, dit Strabon (III, 1, 8), on faisait des salaisons qui étaient embarquées à Beloa ponr Tanger et la Maurétanie. Près de Tauj^er, sur la côte africaine, s'élewit la ville de Zilis ; Auguste en transporta les habitants de l'autre côté da détroit, à Algésiras, qu'il colonisa sous le nom de Colonia Julia trant' ducla. Au reste, le nouveau roi ne trouva pas des sujets bien dociles. Les Gétules, indignés de n'être plus gouvernés par Kome, se soulevèrent en l'an V de J.-C, pour ce motif qui paraîtrait singulier, si l'on ne voyait d'autres peuples réclamer à la même époque leur incorporation dans l'empire. Les légions durent marcher contre ces amis trop «élés de l'administration romaine, et un général revint de cette guerre avec les honneurs triomphaux et le surnom de Gétulique. » (V. Duruy» t. IV, p. o3.)

1. « Tanger, Tingis, qui prétendait posséder l'immense bouclier d'Antée en cuir d'éléphant,* venait de recevoir d'Octave le droit décile- Mais la Maurétanie, placée derrière elle, était peu connue, quoiqu'on vantât ses beaux fleuves et sa fertilité, ses vignes, qui donnaient des grappes longues d'une coudée, ses arbres, qui fournissaient des tables d'une

ET LE LtlGcAT DE NUMIDIE 231

La Numidie fut réunie, cette fois, à rancienno province d'Afrique, laquelle comprit par conséquent toutes les possessions africaines de Rome ; et celles-ci. tout en se composani de deux parties provisoirement juxtaposées, comme le rappelle Strabon * , en faisant allusion à la division antérieure, — à savoir de l'Afrique ancienne et de l'Afrique nouvelle, — ne firent plus qu'une seule et même province.

C'est en cette même année, 25 avant Jésus-Christ, que se fit le partage des provinces entre le Sénat et l'empereur. Auguste avait reçu du peuple l'imperium dans Rome et hors de Rome, c'est-à-dire en réalité la toute-puissance. Il était par là investi du commandement suprême de toutes les armées de l'empire, en même temps que du droit de juger en dernier ressort ; c'est en vertu de ce double imperium, militaire et judiciaire, qu'il classa les provinces et les répartit entre lui et le Sénat. « Aux derniers jours de la république, son domaine était partagé en quatorze provinces, gouvernées par des personnages qui avaient géré le consulat ou la préture : les deux Gaules, les deux Espagnes, rillyrie avec la Daïmatie, la Macédoine avec l'Achaïe, l'Asie, la Bithynie avec le Pont, la Cilicie, la Syrie, la Cyrénaïque avec la Crète, l'Afrique avec la Numidie ^, la Sicile, la Sardaigne avec la Corse. Les consulaires étaient habituellement envoyés dans les provinces où des légions étaient nécessaires,

seule pièce, veinées des plus belles couleurs, et ses chevaux," plus rapides que le vent, qui, à Rome même, chez ce peuple si dur, trouvèrent un peu de l'affection que l'Arabe donne à son coursier. Un assez grand commerce, établi, à ce qu'il semble, avec l'intérieur de l'Afrique, 'apportait sans doute en Maurétanie de la poudre d'or, car notre géographe (Strabon) vante sa richesse, qui ne pouvait manquer d'y attirer promptement la population romaine, malgré le voisinage du désert et de ses hordes menaçantes. » C'est dans l'Atlas que se trouvait le citre {thuya articulata), qni fournissait ces tables vendues à Rome un prix fabuleux. Gcéron en paya une 210 000 francs. Les Cethegus en avaient une de 290 000 francs. (Pline, Hist. nat., XIII, 29.) Duruy, t. III, p. 627.

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