‹ L'Algérie romaineChapitre 131 sur 174 · irf · texte numérisé non relu

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. .?. .Tac, .4iMi., III, 32 el Si|.

idre Caligula, Tinquiélude impériale 8*était-elle déjà liée et manifestée sur ce point. Tacite nous fait connaître le proconsul Blaesus, après ses succès sur Tacfarinas, en 23, obtint Thonneur d'être proclamé imperator, mais 1 fut le dernier qui Tobtint, et que la même faveur ne point faite à son successeur P. Cornélius Dolabella, lequel rtant mit fin à la guerre, en gagnant, Tannée suivante, sur farinas, la bataille où celui-ci fut tué *. Léon Renier voit )récisément une première atteinte portée par la jalousie 'empereur aux prérogatives des proconsuls d'Afrique. Il trouve très ingénieusement une seconde preuve dans ce que l'inscription de Velleius Paterculus, que j'ai reproe ci-dessus, ne mentionne pas le proconsul; le légat érial commandant la légion y figure seul. On cherchait 1 à amoindrir, à masquer Tautorité du proconsul. ks circonstances particulières attirèrent d'ailleurs l'attende Caligula. La" durée légale du proconsulat d'Afrique, me de tous les autres, sous l'empire, était d'une année ement : nouvelle précaution prise contre les gouverneurs sénat. Cependant, en cas de graves affaires et de preses nécessités, le proconsul pouvait être prorogé, avec î précaution encore et cette fiction constitutionnelle que comptait la seconde année de son proconsulat comme un onsulat nouveau. Tibère même, dont on sait la surveile inflexible sur les gouverneurs de provinces, ne crait pas de les laisser, sinon se perpétuer, du moins passer ieurs années de suite dans les mêmes commandements, -ait, disait-il, ses raisons, et l'on connaît l'apologue des ches ^. C'est ainsi que nous voyons, sous son règne, pour iiotif ou pour un autre, L. Apronius, consul en 761

Tac, Am., III, 74 ; IV, 17-33.

Ea vingt et un ans, il n^y eut, sous Tibère, que deux procurateurs

dée, Gratus et Pilate. (Joseph., Ant. Jud., XVIII, 4 et 5.) Appien

issi [Iber., 102) : i^TpaTr^yoùç eTriTcétJLTceiv exrjffioyç... t) 6ouXtj

E"j; £ç' oàrn ooxifidffeiev [yole de M. Duruy),

(8 après J.-C), devenu régulièrement proconsul dix m après, comme le voulait la constitution de Tibère, et le demeurant trois années, de 771 à 773 (18-20 apr. l.-C), ainsi que rindicjue une monnaie de lui, frappée en 713, et qui porte : pcrmlssu L, Aproni procos. IlL

Il en va de même pour Junius Blaesus, proconsul en21*el 22. On a besoin d'un bon capitaine pour mener la guerre contre Tacfarinas : Blaesus, que Tibère, au moment du tirage annuel des deux proconsulats d'Asie et d'Afrique, a proposé au choix du sénat extra oî'dinem, et de préférence à de plus anciens consulaires, est prorogé deux années de suite dans son commandement. Titus Vibius Marsus est également proconsul pendant trois années consécutives, de 780 à 782 (de 27 à 29) ; plusieurs monnaies de lui mentionnent son second et son troisième proconsulat.

C'est ainsi enfin que M. Junius Silanus , qui avait été consul en Tan 19, et qui avait été nommé proconsul en 32, Tétait encore ^ l'avènement de Caligula, en 37. C'est le plus long proconsulat connu, et il peut être cité comme extraordinaire, puisqu'il se prolongea six années.

Dès son avènement, au mois de mars de Tannée 37, Caligula s'émut de celte situation. Junius Silanus était d'ailleurs un très grand personnage ; c'était le beau-père même de Tempereur * : mais Junia, la jeune impératrice, était morte, et ne pouvait plus adoucir et ménager la situation entre le beau-père et le gendre. Silanus, grand ami de Tibère, qui avait en lui beaucoup de confiance, avait exercé, du vivant

1. Borghesi, Lapide di Giunio Silano, t. V, p. 217; Suétone, 12, 23:

« Jiiniam Ciaudillam M. Silani nobilissimi vir» filiam duxit uxorem

Silanum item socerum ad necem , secandasque novacula fauces, coin-

pulit : caussatus quod hic ingressum se turbatius mare non essct

secutus , ac spe occupandi urbem, si quid sibi per tempestales acci-

derel, remansisset quiim Silanus impatientiam nause» vitâsset et

molestiam navigandi. » (Dion, LIX, 8.)

Les Silanus sont voués à ces soupçons et à ces violences. Voir l6 conmieucement du livre XIII des Annales,

de ce prince, une certaine autorité sur Caligula, et celui-ci le détestait et en avait peur. Sa vertu, dit Dion, autant que sa parenté étaient à charge" à son gendre. Caligula le rappela donc d'Afrique, en attendant qu'il le fît mourir, et il fit cesser du même coup l'ancien état des choses : il décida que désormais le commandement de l'armée d'Afrique serait retiré au proconsul et confié à un légat envoyé de Rome par l'empereur. Il convient de citer, sur ce point, le passage tout ^entier de Tacite :

« Du temps d'Auguste et de Tibère, la légion et les troupes auxiliaires qui gardaient en Afrique les frontières de l'empire obéissaient au proconsul. Mais Caligula, toujours affolé, et redoutant d'ailleurs particulièrement Silanus, qui gouvernait l'Afrique à son avènement, retira la légion au proconsul et la remit aux mains d'un légat impérial envoyé tout exprès. » Puis une habile confusion de leurs attributions, un partage, équitable ou non, de leurs prérogatives, amenèrent savamment le désaccord et organisèrent le conflit; « .... mixtis utrtusque mandat is , discordia quxsita , auctaque pravo certamine, » La puissance des légats grandit par la durée de leur commandement qui se prolongeait en effet pendant trois ans, tandis que la durée légale du proconsulat n'était que d'une année; et bientôt, devant l'active et jalouse ambition de son ancien subordonné, le proconsul eut à se préoccuper de sa sécurité bien plus que de sa puissance. « Legatorum vis adolevit diuturnitate offîcii vel quia minoribm major œmulandi cura, proconsulum splendidissïmus quisque securitati magis, quam potentiœ consulebant ^. »

Mais encore quelle est cette nouvelle organisation? Elle est très curieuse, tout à fait exceptionnelle ; elle vaut qu'on y insiste, et il importe de ne s'y point méprendre. Est-ce donc que, des territoires que Rome possède en Afrique, l'empereur ait fait désormais deux provinces ? Non ; car la

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