Ann., XIÎI
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\i\'^ui fJ<f la (jt^niiHUi** ^ufiérieure. à\ait conçu le projet d'un canal qui ';îjt réuni la Moselle et la Satine, et par lequel les Iroupe.s, partif's (|(; la Méditerranée, puis remontant le Rhône et la Saune, seraient entrée» fJans la Moselle, et de là dans le Hliin, qu^^lles auraient descendu jusqu'à l'Océan. On eût évité par là fh^^ inan'lies longues et difGciles. et la naTig^ tion aurait uni aux rivages du Midi les rivages du Nord et nieirie les plîj;.'<;s de l'Occident. C'était d'ailleurs oceoper utilement Foi'^iveté des soldats. Elius Gracilis, légat de Belgique, t'Aiv'iu, ce semble, à Vêtus l'honneur d'une telle entreprise ; il affecta de lui rappeler la loi toujours vivante qui iléfendait à tout gouverneur de faire franchir à ses l^ons les limites d'une autre province et l'engagea à ne point chercher dans les Gaules, lui gouverneur de Germanie, une popularité qui alarmerait l'empereur : malheureuse erainte. ajoute Tacite, et qui sriuvent fait échouer les plus louables desseins ! On sent bien dans ce petit récit le courtisan du prince et le collègue envieux; mais Gracilis avait pour lui la défense formelle de la loi.
L'exemple de César est beaucoup plus célèbre, et le nom du Kubicon est passé en proverbe. Est-ce donc que la petite rivière italienn(î fût une limite deux fois sacrée, et qu'il fût interdit de la franchir plus que toute autre? Pourquoi celte légende poétiqu(î des scrupules et de l'anxiété de César? Pour- (|uoi cette apparition de la patrie en larmes? C'est que cet «ct(;, d'cHKî exécution si facihî et, militairement parlant, aussi simple, n'était rien moins que le renversement môme de la loi : i'/élait le crime; c'(îst que César, en franchissant en armes l(îs limites de sa province, la Gaule cisalpine, que bomail en (îffet h; Kuhicon, violait les droits sacrés de la patrie K
1. Il ir;ivait pas inùriie le druit, tant qu'il était proconsul, de franchir seul ci sans soldats les limites de sa province. Kt lorsque auparavant il avait eu avec Oassus et Pompée les fameuses entrevues qu'on sait, il avait donné le rendez-vous à Pise, sur la rive droite de TArno, qui Uini* lait aussi la (îisalpine. Voir, k l'appendice, xxvi.
ET LE LÉGAT DE NUMIDIE 25o
Eh bien , c'est cette barrière de la loi qu'une politique ingénieuse supprimait entre le légat et le proconsul ; et l'artifice, le moyen légal, ou pour mieux dire l'expédient dont elle se servait, c'était la fiction de l'unité. Sur cette combinaison si originale, je devais citer avant tout le passage de Tacite ; un texte de Dion indique bien aussi les causes et la nature de l'organisation nouvelle, et découvre les intentions de l'empereur. Dion nous montre le prince, effrayé de l'ambition possible du proconsul , redoutant de ce côté quelque mouvement révolutionnaire, alarmé d'un tel commandement, d'une telle autorité, que devaient singulièrement enhardir en effet sa légion et ses troupes auxiliaires, et faisant du pays une double part. A l'un des deux gouverneurs, dit Dion, il donne l'armée et les nomades, c'est-à-dire le pays numide ; à l'autre, et Dion le fait seulement entendre, il laisse un pouvoir affaibli, une ombre de pouvoir, la pompe et l'apparat peut-être, mais l'incessante menace et la surveillance immédiate du légat, de l'homme de confiance de l'empereur.
Lés inscriptions attestent aussi l'établissement et le maintien durable de cette unité fictive. Une inscription reproduite par Orelli * nous montre, au temps des Flaviens, un Domitius Afer prœtorius legatus Africas imperatoris Cœsaris Augusti, — Plusieurs monuments du grand recueil de Léon Renier * , lesquels datent de l'époque d'Hadrien et d'Anlonin, attribuent à divers personnages un titre peu différent du premier : legatus Augusti pro prxtore provinciœ Africœ. Or ces légats ne sont point, manifestement, de simples lieutenants du proconsul d'Afrique, puisqu'ils s'appellent en toutes lettres légats impériaux; qu'est-ce donc que ce légat impérial attaché à une province du Sénat, si ce n'est le légat chargé par le prince de commander les troupes de la province d'Afrique, retirées désormais au proconsul? Qu'est-ce,