Henzen, p. 75. Muratori, 766, 5. Wilmanns
3. /., A.; 19, 1718 Henzen, 7420, a; Orelli, 773; Grut., 404, 7. Corpus 2747, 7036. Wilmann?, 1149.
Trajani Iladriani Augusti pro prxtore kgionis 111 Angustœ et exercitus Africani; c'est dire que le légat était le commandant en chef, non pas seulement de la légion de Lambése, la troisième Augusla, mais de toutes les forces qui constituaient l'armée d'occupation de l'Afrique. Le plus souvent, comme il allait de soi que le légat, chef de la légion, le fût aussi de toutes les autres troupes, les inscriptions omettent, comme superflu, ce complément un peu emphatique de ses pouvoirs et qualités. L'usage vint ainsi peu à peu de réduire le titre du légat impérial, commandant supérieur des forces romaines en Afrique, à cette simple et précise formule : legatus Augusti pro prœtore kgionis III Augustœ, Le légat de Numidie se distinguait d'ailleurs aisément des légats de légions qui n'étaient point en même temps gouverneurs de provinces, par la qualification de légat propréteur, laquelle ne se donnait en effet qu'à ceux des commandants militaires qui étaient chargés en même • temps du gouvernement du pays où étaient stationnées leurs troupes.
A vrai dire, le titre complet, si court, si ;5obre qu'il pût être dans sa concision romaine^ où le l^t énumérait et son titre de lieutenant de l'empereur, et ses pouvoirs civils et politiques, et son commandement militaire est encore, sur les monuments^ d'un emploi relativement rare. Et la raison en est très simple : c'est que toute méprise et toute équivoque, à ce qu'il semble, était bien difficile sur place, dans le pays même, pour les Africains, par exemple, qui, lisant les inscriptions d'Afrique, savaient bien qu'il s'y agissait de leur province et de leur légion africaine. Le légal bornait donc souvent l'énoncé de son titre officiel à ces quatre mots legatus Augusti pro prwtore, selon la formule habituelle employée par tous les légats des provinces.
J'ai tenu, pour plus d'exactitude, à reproduire la série complète de toutes ces formules diverses et, pour ainsi parler, de ces variantes, que revêtait sur les monuments, tour à
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toui* et suivant les càâ, cette magistrature vraiment originale de notre lëgat de Numidie. J'ai d'ailleurs indiqué, en passant, le sens particulier, l'intention politique et comme la nuance de chacune d'elles, et j'ai pu à bon droit sans doute faire cette remarque générale que le nombre même et la diversité de tous ces titres d'un seul emploi, d'une même charge, paraissaient bien être à la fois une conséquence et une preuve de la nature composite et du caractère en quelque sorte indéterminé de ce commandement extraordinaire et anormal. Peut-être sera4-on curieux de voir, par un certain nombre d'exemples, ces formules abstraites et mortes mises en action, pour ainsi dire, transportées dans la vivante réalité des choses, appliquées en un mot à des personnages de l'histoire et à des faits de l'administration de la province qui nous occupe. Ce sera d'abord un légitime prétexte à rouvrir le grand recueil des inscriptions romaines de l'Algérie et à y prendre deux ou trois pages nouvelles de ces admirables annales lapidaires. C'est en même temps remettre au jour quelques-uns de ces noms perdus de brillants ou glorieux gouverneurs, quelques-unes aussi de leurs œuvres éphémères et disparues ou visibles encore aujourd'hui et survivant dans la majesté de leur ruine» Mais je vois bien plus encore, dans cette sorte de digression, ou plutôt d'excursion et d'intermède épigraphique^ un moyen de retrouver une date et comme une ère qu'il importe en effet de connaître : à savoir jusqu'à quel moment a duré l'organisation savamment méfiante introduite dans l'administration de l'Afrique par l'ombrageux Caligula ; combien d'années s'est prolongée cette dépendance simulée et cette feinte subordination du gouvernement de Numidie, simple diocèse de la province d'Afrique. Tant que cette indépendance hautaine dont le légat jouissait de fait ne sera point, sur les monuments, mentionnée dans ses titres et qualités, tant qu'il ne portera point nettement le nom de légat de la province impériale de Numidie, c'est que la Numidie ne formera pas encore officiellemenjt et au grand ^ovvx \mfc ^^^
vince distincte de la province d'Afrique ; c'est que cette précaution de Tunité fictive de la province proconsulaire n'aura point encore disparu et que les empereurs jugeront qu'elle n'a point cessé d'être favorable, sans doute à la bonne garde stratégique et à la défense militaire d'un territoire immense et souvent menacé des nomades, mais davantage encore à ce qu'on peut appeler la surveillance politique et à la sécurité même du prince. C'est ce qu'il convient de rechercher.
Le recueil de Léon Renier ne s'ouvre guère et à coup sûr ne s'enrichit qu'avec le règne de Trajan, qui ne nous donne encore, avec certitude, que deux noms de légats impériaux : celui de L. Minicius Natalis, qui figure sur un monument retrouvé dans le pays lointain des Nememchâs *, et celui de L. Munatius Gallus lequel, au nom de Trajan, imperator pour la quatrième fois et consul pour la troisième, dédie, à Thamugas, la colonie trajane, un arc de triomphe élevé par la légion 3* Augusta '. Natalis et Gallus portent tous les deux le simple titre de légat impérial propréteur. Trajan n'a donc point modifié la constitution antérieure.
Elle subsiste également pendant tout le règne d'Hadrien. Voici la plus belle inscription qui nous reste des légats chargés par ce prince d'administrer la Numidie; elle a été trouvée dans les ruines d'un ponceau, sur la route de Philippeville à Constantine :
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