‹ L'Algérie romaineChapitre 163 sur 174 · Pline le J., Lettres^ II · texte numérisé non relu

Pline le J., Lettres^ II

310 LA NIMIDIE PROVLXCE DISTINCTL

féiicilatioDs du sëDat. La proWnce avait gagné sa cause * Trajan n'eut pas, à ce qu'il semble, d'autre importante occa sion de s'occuper de l'Afrique romaine. Ce grand et belli queux souverain, qui, en Occident et &ï Orient, recula les bornes de l'empire; qui, .\'ainqueur et maître de la lointaine Dacie. relia au monde romain sa nouveUe et vaste conquête en jetant sur le Danube un pont dont on admire les restes, qui transplanta dans le royaume de Décébale une teUe multitude de colons romains que le latin y est resté la langue usuelle, et laissa dans ces contrées une d frappante impression, que son nom est encore légendaire aujourd'hui chez les paysans roumains; le guerrier qui réduisit l'Arménie en province, traversa l'Arabie les armes à la main et donna un roi de son choix aux Parthes indomptés ' : un tel honmie eût aimé sans doute à faire sentir aussi le poids de son bras aui indigènes remuants de l'Afrique. Est-ce la majesté de son nom, est-ce l'efiroi qu'il inspirait, qui contint les Numides et les Maures, les Gétules et les Garamantes? L'Afrique romaine ne bougea pas; eUe attendit, pour se soulever, le règne moins redouté du successeur de Trajan, de ce grand administrateur pacifique, Hadrien.

Dans cette insurrection des Maures figure un curieux personnage, Lusius Quietus, dont les historiens nous disent peu de chose et dont il eût été pourtant intéressant de retrouver un peu plus complètement les traits. C'est un Maure, un Africain, un indigène, dirions-nous aujourd'hui. Il débute mal ; car il est d'abord ignominieusement destitué d'un commandement de cavalerie, et il finit malheureusement : Hadrien

!• Non pas an dire de Jovénal, 1, 40 :

At hic damMiius ûumi Judiciû (quid enim sahit infamia nummU ?), Exul ab adava Marku bibit, et fruUur dis Iratis; at tu, victrix provincial plorat !

Page 1