‹ L'Algérie romaineChapitre 164 sur 174 · Am. Thierry, liv. II, chap · texte numérisé non relu

Am. Thierry, liv. II, chap

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le fait tuer. Mais il parcourt avec éclat le milieu de sa carrière ; à la tête d'un corps de cavalerie africaine, il rend de grands services à Trajan, pendant la guerre de Daeie : Fabretti nous fait voir, sur la colonne Trajane, les Maures venant offrir leurs -services à l'empereur. Lusius se distingue également dans une expédition contre les Parthes et dans la guerre de Judée ; bref, ses services, son mérite et sa fortune font de lui un consul et un gouverneur de Palestine. Renvoyé plus tard en Afrique avec un grand commandement qu'il prit pour une déchéance, Lusius Quietus paraît s'y être retrouvé trop indigène ; le vieux sang berbère a reparu. Songea-t-il à quelque souveraineté personnelle, à se tailler quelque royaume, à rejouer le rôle de Jugurtha? A coup sûr, les Maures se révoltèrent, et Lusius semble bien y avoir été pour quelque chose : Hadrien dut le révoquer. Lusius intrigua à Rome, comme il avait intrigué en Maurétanie, comme il avait partout et toujours intrigué : il conspira contre l'empereur, et le sénat le fit exécuter*. Martius Turbo le remplaça et fut chargé par Hadrien d'en finir avec l'insurrection. La répression fut longue et difficile; et l'agitation durait encore, lorsque Hadrien, dans une de ces infatigables tournées qu'il faisait à travers son immense empire, vint en personne achever les rebelles '^

1. « Deux généraux destitués, Cornélius Palma^ le vainqueur des Arabes, et Lusius Quietus, le meilleur capitaine de Tarmée d'Orient, furent Pâme du complot. Le premier, qui était de vieille date ennemi d'Hadrien, avait été disgracié par Trajan; le second, Maure d'origine, esprit inquiet et violent, s'était fait chasser de Tarmée (Dion, LXVIII, 32), mais avait reconquis par d'importants services dans les guerres de Daeie et d'Orient la faveur de Trajan. Il reçut de ce prince le titre de préteur, les faisceaux consulaires, et, au moment de la révolte des Juifs d'Egypte, le gouvernement de la Palestine, sans doute avec celui d'Arabie, pour empêcher la rébellion de gagner les provinces orientales. Hadrien, qui redoutait sa turbulence et son ambition^ l'avait d'abord relégué dans l'obscur gouvernement de Maurétanie, puis révoqué à la suite de nouvelles intrigues qui avaient agité cette province. » Duruy, Hist, rom,f V.

2. Motw Maurortm compressU et a êenatu supplicationei îmtuU, (Spart., 12.)

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Les inscriptions ne nous permettent point de le suivre dans celte campagne qui paraît avoir occupé Thiver et le printemps de Tannée 128 ; sans doute, comme on fait d'ordinaire en ces contrées brûlantes, l'empereur s'efforça-lil d'avoir terminé ses opérations militaires avant les chaleurs de Tété, car, à la fin du mois de juin ou dans le cours du mois de juillet, nous le trouvons au camp.de Lambèse. De cette époque date en effet l'allocution militaire si intéressante, Tordre du jour de félicitations dont Léon Renier, par malheur, n'a retrouvé que des fragments *. La harangue impériale est gravée sur les côtés du piédestal d'une colonne monumentale qui subsiste encore. Elle était adressée à toute Tarmée d'Afrique, à la légion troisième Augusta ainsi qu'aux troupes auxiliaires, et notamment aux cavaliers de la sixième cohorte de Gommagène ; elle énumérait tour à tour, dans les termes les plus élogieux, les titres et les services de chacun de ces corps de troupes : exactitude et dévouement dans l'accomplissement de leurs devoirs, ardeur infatigable aux exercices militaires, habileté aux manœuvres et au maniement des armes *. Lorsqu'on a visité les ruines de Lambèse, et la plus belle de toutes, ce majestueux praetorium, doré plus que mutilé par les années, décoré d'emblèmes militaires, victoires, aigles, couronnes, enseignes, et du chiffre * de la fameuse légion troisième Augusta, on se représente Hadrien, au retour de sa campagne contre les rebelles, debout dans cette vaste salle du prétoire, entouré de son état-major, devant tous les officiers et tous les soldats, les porte-étendards groupés aux deux

i. I. A.f 5. Voir aussi le l»' fascicule du beau Dictionnaire des antiquités grecques et romaines de Daremberg et Saglio, p. 70.

2. Am. Thierry, p. 161, livre III, ch. 3 : « Le souverain qui vonlait fonder l'ordre partout ne pouvait oublier l'armée : il y raffermit la discipline ; il fit rédiger sous ses yeux un recueil de règlements sur tontes les branches du service, et même un traité de tactique ; et ce code d'organisation et de science militaire fit loi jusqu'à la chute de Tempire. » (Dio., LXVII. Spart., 11, 19. Veget., 1, 8.)

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;ôtés du tribunal, complimentant l'armée vaillante et laborieuse qui a fait avec lui Texpédition récente, et lui faisant part de la satisfaction du sénat; puis tous ces cavaliers et ces légionnaires, voulant éterniser la mémoire de leurs exploits 3l les louanges de leur général, et faisant graver Tordre du jour de l'empereur sur une colonne deux fois immortelle, puisque la science l'a fait revi\Te.

Hadrien, ce grand voyageur, qui, sur un règne de vingt et un ans, en passa au moins quinze en route, était venu peutêtre une première fois en Afrique; peut-être en l'année 123 l'avaitil assez rapidement parcourue avant de visiter la Syrie et l'Asie Mineure. A coup sûr, pendant tout son règne, il combla ce pays de ses bienfaits ^ Les témoignages abondent sur son œuvre africaine ; ce fut lui qui, entre autres choses, fit paver la grande et belle voie qui menait de Carthage à Théveste. La liste aussi serait trop longue, soit des villes qui obtinrent de lui le titre et le rang de colonies, comme la vieille Utique par exemple, colonia Iulia JElia Hadriana Augusta Utika; soit de celles qu'il peupla ou accrut de ses vétérans. Il eut probablement pour compagne dans l'un de ces voyages la princesse fille de Marciana et nièce de Trajan, Matidie, dont il était le gendre et qu'il ne cessa d'entourer d'une déférence des plus affectueuses ; toujours estril que le nom de cette princesse est resté attaché à diverses localités africaines, telles que Rusubbicari et Pacciana dans la Numidie, et que Matidie avait acquis elle-même ou fait acheter par ses intendants d'immenses domaines dont les inscriptions ont conservé le souvenir : prsedia Matidiana ^.

Après ce règne d'une paix si active, la tâche d'Antonin était plus facile et plus simple ; mais, comme le fait remarquer un écrivain savant et judicieux, Zumpt, que j'ai suivi

1. « /n Africain tramit ac muUum bene/iciortm provinciis africanis attribua. » (Spart., 13.) — Restitutori Africœ : Coben, 1053.

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