‹ L'Algérie romaineChapitre 166 sur 174 · Coben, AtU · texte numérisé non relu

Coben, AtU

2. Arcadica, lib. VIU, 43, 3. — Capit. {AfU. P., 5.) : a Maum ad pacem pottulandam coegit. »

3. tt Cum Mauri Hispanias prope omnes vastarent^ res per Ugaioi bene gestœ tunt, n (Gapit., 21.)

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mais le pillage des côtes et quelques brigandages maritimes ; à moins qu'il n'y eût dès lors, dans les replis des rivages maurélaniens, les ancêtres de ces corsaires que le Maroc abrite encore, et qui infestaient la Méditerranée, avant que la France eût accompli son œuvre de délivrance *.

Mieux que ces textes peu précis, une inscription sculptée dans le roc, à gauche de la voie qui traversait la chaîne de l'Aurès, au défilé de Khanga-Tigaminin, prouve quelle fut la gravité de ces insurrections périodiques qui agitèrent presque incessamment l'Afrique depuis la fin du règne de Trajan.

IMP • CAESTAELIO HADRIANOANTONINO AVGPlOPPIlllETM^ AVRELIOGAESAREII COSPERPRASTINA MESSALINVML EG • A VG -^R-PR-VEXIL LEG-Vl FERR-VIA- FECIT

Iniperatore Cœsare Tito iElio Hadriaiio Antoniiio Augusto Pio, pâtre patriœ, quartum, et Marco Aurelio Cœsare secundum, consulibus, per Prastinam Messalinum, legatum Augusti pro prsetore, vexillatio legionis sextœ Ferratae viam fecit 2.

Il y a là deux faits importants : c'est un détachement de la légion 6® Ferrata qui construit la nouvelle voie ; or la 6^ légion ne faisait point partie de l'armée d'Afrique; l'effectif normal de cette armée avait donc paru insuffisant pour conjurer la crise, puisque l'empereur avait dû envoyer des renforts ^ De plus, ce détachement est occupé, d'urgence, à un

i. Bureau, loco citato. •

3. Il en était également venu de l^Espagne. Voir, dans les Exempta de Wilmanns, les inscriptions relatives à T. Varias Glemens, j^rae/". auxiliorum tmpore expedUionis m TingUanam ex Hispania miaonm, W. 1260.

3i6 LA NUMIDIE PROVmCE DISTINCTE

travail considérable : on veut ouvrir enfin, sinon à la colomsation, du moins aux troupes romaines, ce pâté montagneni de TÂurés où s*abritent les rebelles; on veut, par une grande voie militaire, prendre une offensive énergique, atteindre le désert et la turbulente zone des oasis ^.

L'heure n'était point propice d'ailleurs aux efforts de la colonisation ; les hommes commençaient à manquer à l'empire. La peste ravageait le monde romain, et, bien loin de pouvoir disséminer dans les provinces de nouveaux centres de population civile ou de nouveaux établissements militaires, on eut recours aux prisonniers barbares pour repeupler certaines régions de l'Italie, où les terres domaniales étaient vides ; les vétérans manquant, on prodigua les concessions civiles. Marc-Aurèle institua pourtant quelques colonies en Pannonie, dans le Norique et dans la Mésopotamie.

Commode eut une idée bizarre, entre autres : c'est de Rome qu'il voulut faire sa création, sa colonie en quelque sorte ; il voulut que la ville éternelle s'appelât de son nom Commodiana ; il imposa le même et triste honneur à Carthage, qui s'appela, du vivant du prince, Alexandria Commoda Togata, Commode même fit mine de vouloir passer en Afrique, vers l'année 188. Là se bornèrent ses bienfaits.

Pertinax, ancien proconsul de la province d'Afrique, n'eut pas le temps de se souvenir de ses administrés, « Vigoureux défenseur de la discipline militaire, il se vit immolé à la fureur des soldats licencieux qui l'avaient un peu auparavant élevé malgré lui à la souveraine puissance (193). L'empire,

1. En 1850, le général de Saint- Arnaud traversait avec une colonne le dénié de Khanga-Tigaminin, que les indigènes représentaient comme impraticable : il allait de Lambèse à Biskra, par la voie de l'Âurès. « Nous nous flattions, écrit-il à son frère, d'avoir passé les premiers dans le délilé de Kbanga. Erreur I Au beau milieu, gravée dans le roc, nous avons découvert une inscription parfaitement conservée, qui nons apprenait que, sous Anton in le Pieux, la 6* légion romaine avait fait la route k laquelle nous travaillons 1650 ans après ! »

mis à l'encan par Tarmée, trouva un acheteur. Le jurisconsulte Didius Julianus hasarda ce hardi marché (194) ; il lui en coûta la vie. Sévère, Africain^ le fit mourir *... :>

Cependant, durant cette série séculaire des Césars espagnols, et depuis plus de deux cents ans que l'Espagne produisait des hommes remarquables dans tous les genres, le reste du monde avait marché. < Une autre province atteignait à son apogée de développement, une autre race imposait sa suprématie à la communauté de Tempire :*c*étaitle tour de la province d'Afrique et de la race liby-phénicienne *. » Pourquoi ne dirais-je pas? — c'était le tour de la race berbère.

Sévère, qui avait à se plaindre de l'Italie et des provinces d'Europe, Sévère, enfant de l'Afrique et mari d'une Syrienne, Julia Domna, dirigea naturellement ses préoccupations et ses faveurs vers sa patrie et vers celle de sa femme. Carthage, Utique, Leptis la Grande obtinrent de lui le droit italique ; les inscriptions d'Afrique mentionnent abondamment et les travaux qu'il fit* exécuter, et la reconnaissante afTection des populations et des troupes, et les vœux adressés au ciel pour l'empereur et pour sa famille. L'Afrique l'adorait comme un dieu '. U est, à tous égards, vraisem-

1. Bossuet, hUl. i/ni»., éd. Jacquinet, p. 123. « Ce ne fut pas Sévère qai fit mourir Julien. Un simple soldat le tua dans son palais, après que le sénat Teut condamné à mort. Dio. 73^ 17 ; Hèr. II, 12. » De Ceuleneer, ouvrage déjà cité.

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