Porticibus longis fugit et vacua atria lustrât
Saucius....
(^»., Il, 528.)
AVANT-PROPOS XXVH
ses maisons mauresques les cris de joie stridents ou les hurlements de douleur des femmes indigènes *, quel commentaire saisissant avons-nous sous les yeux de l'admirable tableau de Virgile !
Que si l'Algérie contemporaine donne lumière et ouvre jour sur les choses et les œuvres de l'antiquité grecque et latine, à plus forte raison éclaire-t-elle absolument ce qu'on pourrait appeler l'Afrique classique, cette Afrique à qui Carthage et son terrible duel avec Rome, à qui ces figures légendaires, je dirais presque romanesques, de Syphax et de Masinissa, — ne parlons même pas ici de la poétique et plaintive image de Didon, — à qui enfin l'Abdel- Kader antique, Jugurtha, et son immortel historien ont fait une si grande place dans nos souvenirs littéraires et dans l'enseignement de nos collèges. Jeune encore et sortant de l'Ecole normale, j'ai été pendant quatre années professeur au lycée d'Alger ; les fonctions très actives dont on a bien voulu m'honorer depuis lors m'ont permis de parcourir à plusieurs reprises l'Algérie tout entière, depuis Bône jusqu'à Tlemcen, depuis la frontière de la Tunisie jusqu'à celle du Maroc, et de visiter en particulier cette Numidie tant convoitée jadis, cet imprenable rocher de Cirta que se disputèrent avidement les rois berbères de l'antiquité. Eh bien ! il m'a semblé