At domus interior gemitu miseroque tumuUa
Miscetur^ penitusque cavx plangoribns œdes Femineis alulant; feritaurea sidéra clamor.
(^n., II, 486.)
XXTOI AVANT-PROPOS
qu'il seyait bien à un universitaire acclimaté eu Algérie d'y relire et d'y étudier sa guerre de Jugurtha, au milieu même de ces régions qu'a parcourues le grand historien, en présence des lieux qu'il a décrits et [des descendants de ces peuples qu'il fut chargé de gouverner. Il m'a paru que préparer à quelque belle et savante édition prochaine de Salluste ^ des notes un peu plus animées, des commentaires nouveaux peut-être, et qui donnasgent quelque agrément de plus à l'explication quotidienne de ces vieux textes toujours jeunes auxquels l'Université n'est pas près de renoncer; fournir quelques indications exactes et précises qui éclai' fassent dans leur ensemble, non pas seulement le Jugurtha, mais les récits de Tite-Live, la campagne de César, l'insurrection de Tacfarinas, et prêtassent plus de couleur et de vie aux hommes, aux choses, aux paysages : il m'a paru que c'était là faire œuvre profitable, œuvre encore de professeur. C'était môme là ma première pensée, sagement modeste, et je m'en serais tenu sans doute à ce simple dessein d'illustrer, comme on disait jadis, les principaux passages de l'œuvre maîtresse de Salluste, du livre de César, et quelques épisodes africains de Tite-Live et de Tacite, si je n'avais redouté, non pas la sécheresse, mais la monotonie du sujet. J'ai cherché un cadre un peu plus varié, voilà tout, et qui s'est dès lors agrandi.
l.M.R.Lallier prépare une édition de Salla&te pour la belle collection des principaux classiques latins et grecs que publie la maison Hachette.
AYAUT-PROPOS XXU
Ce n'est pas tout : j'ai pensé que ce retour au passé de TAfrique appellerait aussi Tattention et rintérêt peut-être de quelques-uns sur l'Algérie contemporaine, dirai-je méconnue ou mal connue de la France. J'ai espéré qu'en particulier nos jeunes maîtres,- — je n'ai pas d'autre prétention, — nos jeunes camarades, tous ceux qu'au sortir de l'Ecole ou des laborieux examens pourrait solliciter rhumeur moins sédentaire, l'ardeur curieuse et l'entrain de leurs vingt-deux ans, devineraient sans doute, à travers d'insuflBsanles peintures, toutes les sortes d'attraits, sérieux à la fois et aimables, que leur promettent et que leur offrent quelques années de séjour en Algérie ; tout ce qu'ils peuvent rencontrer ici, d'abord de profitable et d'instructif pour leurs études et leur carrière même, et puis d'intéressant aussi et d'engageant à tous égards, de pit* toresque, d'étrange, de nouveau, d'inconnu 1 Et cela si près de France, moins loin des yeux bien» veillants du Ministre que quelques-uns ne pour* raient le craindre, dans une colonie si voisine qu'elle est proprement — on l'a dit — le prolongement de la métropole au delà de ce lac jadis romain et maintenant français qui sépare Alger et Marseille d'une traversée de quelque trente heures. Qu'ils en croient une expérience déjà longue et tout à fait sincère, et qui n^en est plus aujourd'hui aux exagérations naturelles des premières heures d'enthousiasme : avec bien des plaisirs d'excursions, des satisfactions de fantaisies dont