AVANT-PROPOS
QUELLE A ÉTÉ l'CEUVRE DE ROME, QUELLE EST L'CEUVRE DE LA FRANCE PANS LE NORD DE l' AFRIQUE. OBJET PARTICULIER DE CETTE ÉTUDE
Profait invitis, te dominante, capi.
Rome, en établissant ses premières colonies, et elle le fit de très bonne heure, dès l'époque de ses rois *, se proposa de garder ses nouvelles frontières, de maintenir son autorité sur ses conquêtes récentes, de sm'veiller une obéissance encore incertaine et très souvent rebelle; enfin, de lancer toujours plus en avant ce que Gicéron appelle ces vigies et ces boulevards de la puissance romaine *, ces jalons en même temps et ces postes avancés de la domination future.
1. Voir, dans cette belle HUtoire des Romains de Victor Duruy qu'il sied de citer tout d*abord au commencement d'une telle étude, tout ce mouvement et comme ces essors successifs de la colonisation romaine : tome I, ch. xvn, Colonies et voies militaires : « Après avoir divisé les intérêts, il fallait empêcher qu'ils ne pussent se réunir; les colonies prévinrent ce danger. » — Voir aussi, dans Velleius Paterculus, II, 7, 7, ces étapes à peine interrompues par la seconde guerre punique.
2. Non tam oppida Italiœ quam propugnacula imperii (Cic, RuU.y I, 27). — Narho Martius, colonia nostrorum dvium , spécula populi romani ac propugnaculim,,,, (Cic, Pro Fonteio; de L. agr., II, 27.)