Reclus, passim
5. Sali., Jug., LXXVIII. Leptis magna, v. colonia viclrix Julia Leptis, V. Neapolis (Champlouis).
roulât dans leurs flots furieux le limon, le sable et les quartiers de roc «.
Chemin faisant, Thistorien nous signale, au fond de la grande Syrte, sur le rivage occidental du golfe, les fameux autels des Philènes, ces frères héroïques, dont il nous racon-
1. Sali., ibid. Le poète commente ici excellemment la description de rhîBtorien :
Nunc illas promite vires,
Nunc animos, quibus in Gœtulis Syrtibus usi...
(^n., v", 191, éd. Benoist.)
Mnesthée fait allusion k la tempête du I«' livre :
Furit sestus arenis
Très notus abreptas in saxa latentia torquet
Très Eurus ab alto
In brevia et Syrtes nrget, miserabile visu, Illiditque vadis atque aggere cingit arense.
(.^n., I, 106 sqq.)
« La grande Syrte, qui touche à la Cyrénaïque, est comme le champ de bataille de la mer et du Sahara. Les vagues de Tune, poussées durant neuf mois par les vents du nord, luttent ici avec les sables de l'autre, et le rivage n'offre qu'une alternative de dunes mouvantes, de marais salants et de plaines couvertes d'une couche de sel de 3 à 4 pouces d'épaisseur. Le golfe n'est pas plus sAr pour les navires que la côte pour les caravanes ; le courant qui porte les eaux à l'est se brise contre le plateau de Barca et est réfléchi en mille directions qui causent au milieu de ces basfonds une agitation extrême et dangereuse. Les Cyrénéens et les Carthaginois s'étaient cependant disputé cette triste région, et des villes s'y étaient élevées. La chute de Garthage et la cessation du grand commerce qu'elle faisait par ce pays avec l'intérieur de l'Afrique amenèrent leur décadence; l'empire leur rendra une prospérité qui durera autant que lai-même.
« L'Afrique est toujours d'une merveilleuse richesse ou d'une désolante stérilité. Entre la Grande et la Petite Syrte le sol fertile reparait çà et là : les environs de Leptis la Grande et la vallée du Cinyps rendaient, dit Hérodote, 300 pour 1. Aussi Leptis était-elle devenue une importante cité ; ses ruines couvrent une étendue de 3 milles de long sur 2 de large. Après cette place, Strabon ne nomme que quelques villes qui gardaient l'industrie de la teinture en pourpre, dernier reste de la civilisation phénicienne, dont un autre débris, l'idiome punique, subsistera longtemps. Notre géographe parle aussi d'un grand port au fond de la Petite Syrte. De ce côté se trouve aujourd'hui la ville de Cabès, qui ne compte pas moins de 30000 âmes. » V. Duruy, Histoire des Romains,
12 DIVISIONS TERBITORIALES
lera plus tard Tadmirable et touchante histoire * : limite chèrement acquise de l'empire carthaginois, souvenir du moins impérissable d*un patriotisme sublime et d'un barbare sacrifice que ne valaient pas sans doute les steppes ingrats et sablonneux que se disputaient les deux peuples.
Enfin, non loin de l'embouchure du Bagradas, l'Oued- Medjerda moderne, qui arrose les régions de l'Afrique septentrionale les plus riches en céréales, « placée à cette pointe de l'Afrique qui semble aller à la rencontre de la Sicile pour fermer le canal de Malte, et qui commande le passage entre les deux grands bassins de la Méditerranée », assise sur un coteau riant et fertile, ombragé de massifs d'oliviers et d'orangers, et, de nos jours encore, tout paré de maisons de campagne, lequel, s'avançant dans la mer et se prolongeant jusqu'au milieu du vaste golfe de Tunis, fait comme une jetée naturelle et un havre splendide où s'abritent les vaisseaux de haut bord ^, la grande métropole africaine, Carthage, « galère ancrée sur le sable libyque ^ » ; et autour d'elle, égrenés sur le littoral, dans toutes les baies favorables, ses comptoirs, les villes qu'elle a fondées, ou ses sœurs phéniciennes, Hippone, Hadrumète, les deux Leptis, réduites à l'obéissance.
La contrée que l'on rencontre ensuite, et qui s'étend du territoire de Garthage au pays des Maures, est occupée par les Numides. En s'éloignant vers l'ouest et vers l'Espagne, on trouve la Maurétanie. Ce que Salluste ne dit pas, et ce qu'il importe d'indiquer une fois pour toutes , c'est que Numides et Maures, ce ne sont pas là deux peuples différents ou, pour mieux dire, deux races distinctes; ce sont deux fractions considérables d'une même race, de cette race berbère