‹ L'Algérie romaineChapitre 46 sur 174 · V. Duruy, t. III · texte numérisé non relu

V. Duruy, t. III

la grande ville affamée *. C'est l'Afrique, aidée de la Sicile, qui procurait l'appoint nécessaire à Tannée entière, environ SO millions de mesures ; l'excédant s'emmagasinait dans les greniers de réserve. Plus tard, sous le Bas-Empire, lorsque Gonstantinople s'approvisionna en Egypte, ce fut, plus que jamais, l'Afrique dont les flottes impatiemment attendues apportèrent à la plèbe romaine le pain qu'elle réclamait aux empereurs ', comme c'était l'Afrique, elle aussi, dont les bêtes fauves rassasiaient cet autre appétit d'une foule oisive et pervertie, les jeux du cirque et les plaisirs sanglants de l'amphithéâtre ^.

Aussi, dès les premiers temps de l'empire, cette anxiété d'un peuple à jeun, et ces terreurs du prince, quand le convoi d'AfriqujB se faisait attendre, avaient-elles créé toute une administration coloniale chargée de subvenir à l'alimentation de la ville étemelle.

Dans les principales villes d'Afrique, on trouve des procurateurs de l'annone *, placés sous les ordres d'un directeur général, d'un préfet résidant à Rome. Ce préfet de l'annone,

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