H. Duveyrier, p. 126, sq
dévore les champs les plus riches, comme si le feu y avait tout consumé l » Le pauvre laboureur, atterré et presque impuissant, entend le terrible bruit de ces mâchoires qui dévorent en une nuit tout son bien, sa moisson encore tendre, son riant jardin, sa verdoyante orangerie, sa vigne naissante, et son olivier délicat, t Un jour, disent les Arabes, le kalife Omar lut en tremblant ces mots à Taile d'une sauterelle tombée sur sa table : Je ponds quatre-vingt-dix-neuf œufs ; si j'en pondais cent, je mangerais le monde *. »
Un dernier fléau, la famine, fille de la sécheresse, du sirocco parfois, parfois de ces cruelles légions de sauterelles, fille aussi de la paresse et de l'ignorance ! Mais ce fléau-là, qui décime et décime dans le vrai sens du mot, nous ne le verrons plus sans doute ^ : il recule devant les progrès incessants de la colonisation française, devant ces procédés de culture et ces exemples de travail qui s'imposent aux indigènes, devant les routes qui rapprochent et les chemins i*apides qui suppriment le temps et la distance, comme il fuit dans les Indes devant les locomotives de l'Angleterre.
La fièvre aussi s'enfuit et disparaît. Il semble hors de doute que l'Afrique septentrionale ait, de tout temps, dans ses parlies humides, dans certaines de ses régions encaissées ou marécageuses, souffert de quelque insalubrité. Slrabon '. Frontin *, saint Augustin ^ signalent des maladies pestilentielles nées de la durée des grandes chaleurs, des émanations de ces lacs et de ces eaux stagnantes que laissent les inondations périodiques ; or ces maladies endémiques ne sont point sans doute autre chose que la fièvre paludéenne*
Les inscriptions, d'ailleurs, font foi d'une piété toute par-