‹ L'Algérie romaineChapitre 61 sur 174 · L'Algérie assimilée : le Kabyle; p. 55 et · texte numérisé non relu

L'Algérie assimilée : le Kabyle; p. 55 et

80 tES INDIGÈNES

Massésyliens; il y a eu ces mille peuplades citées par les auteurs anciens, depuis Hérodote jusqu'à Gorippus. H y a là aujourd'hui, disséminés, éparpillés sur cet immense espace compris entre Toasis égyptienne de Siouah et Tocéan Atlantique, jusque dans les Canaries, depuis la Méditerranée jusqu'au Soudan, les Kabyles des régences de Tripoli, de Tunis et de l'Algérie, les Schillous du Maroc, les Chaouïa de l'Aurès, les Beni-Mzab des oasis, les Zenatia du Touât, les Touareg et les Tibou, les Berâbra de la vallée du Nil, les Zenagues du Sénégal ; mais il n'y a pour ainsi dire point de Berbers. Les Arabes l'avaient vu d'abord, eux qui appelaient ces vaincus désunis et sans nom en quelque aorte, ces fractions de peuple, du terme vague et, ce semble, un peu méprisant de K'baïls : les tribus !

Et cependant il y a là une race, bien distincte, bien caractérisée, qui a vécu et persisté avec une ténacité étonnante sous les différents noms qui l'ont assez longtemps masquée pour la science ^ Les uns, légèrement, confondaient les Berbers avec les Arabes; d'autres considéraient les blonds de l'Aurés et de la Kabylie comme les derniers fils des Vandales. Mais lorsque des esprits pénétrants eurent abordé l'étude de la langue berbère, de la grammaire kabyle et de celle des Touareg *, ou essayé de reconstituer les annales de la vieille race ^ ; lorsque surtout l'écriture berbère, à peu près disparue, mais dont quelques caractères subsistants avaient la plus grande analogie avec les lettres de l'inscription bilingue de Thugga, fut retrouvée plus sûrement encore dans l'alphabet des Touareg, alors apparut l'étroite parenté qui existe entre

i . Les anciens, qui ne reconnaissent point Tunité de la race berbère, constatent du moins quelques ressemblances entre toutes ces tribus indigènes. Les Maurusiens et les Massésyliens qui les avoisinent, dit Strabon, et les Libyens, pour la plupart, s'habillent de la même manière et se ressemblent en tous les autres points ; (XVII.) Saint Augustin atteste la similitude du langage.

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