‹ L'Algérie romaineChapitre 62 sur 174 · Ihn Khaldonn, traduit par M. de Slane; M. Carette, etc · texte numérisé non relu

Ihn Khaldonn, traduit par M. de Slane; M. Carette, etc

LES INDIGÈNES 8t

ridiome des inscriptions antiques et Fidiome moderne parié dans le nord de l'Afrique, et se révéla, dans toute son évidence, la filiation séculaire de cette antique langue libyenne '.

Il y a donc là une race : cette race a, en effet, un alphabet qui lui est propre, une écriture qui n'appartient qu'à elle et dont font foi, d'abord la fameuse inscription carthaginoise et berbère de Thugga, puis des inscriptions berbères et latines, qui deviennent chaque jour plus nombreuses et qui seront le précieux appendice de ce grand recueil des Inscriptions sémitiques que prépare notre Académie des inscriptions et belles-lettres *.

Cette race a sa langue : quoique des populations entières du littoral aient perdu tout souvenir de leur origine, qu'elles ne parlent plus que l'arabe, qu'elles se disent et se croient sincèrement arabes, d'autres fractions de la race berbère, même dans la région maritime, ont gardé et leur langue, mêlée sans doute d'arabe, et leurs mœurs altérées jusqu'à un certain point par la conquête musulmane. Ce sont les agglomérations que nous appelons communément Kabyles; c'est, en particulier, la fière population de ce massif, original et comme indépendant, des monts du Djurdjura, si longtemps fermé à nos efforts et à notre influence, à nos armes elles-mêmes, sur le sommet duquel flotte aujourd'hui le drapeau de Fort-Na* tional, abritant l'école naissante de Tamazirt ^ et le tribunal français de Tizi-Ouzou. Si l'on s'enfonce dans l'intérieur, le vieux fond se retrouve bien plus pur. Le touareg, comme nous disons, le témâhaq ou témacheq, comme disent les indigènes et comme voudrait qu'on dit M. Duveyrier, langue au-

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