XII AVANT-PROPOS
rachetaient pour eux ou leur adoucissaient la perte de leur indépendance.
. « L'empire romain!... je ne saurais trop insister sur la signification réelle de ces deux mots \ A l'idée de Rome et des Romains se rattache en nous, quoi que nous en ayons, une autre idée de domina» tion militaire, d'état de conquête toujours subsistant, de peuples contenus au moyen de la force, mais se soulevant par intervalles contre un joug détesté, et toujours prêts à revendiquer, Tépée en main , leur nationalité qu'ils regrettent. Ces couleurs sont vraies si on les applique à la période républicaine de Rome ; mais quand on les transporte à la période impériale et surtout au deuxième et au troisième siècle de notre ère, elles dénaturent les faits ; elles jettent dans l'histoire une confusion inextricable.
(c L'esprit dominant de l'empire ne fut point, tant s'en fallait, un esprit de guerre et de conquête......
Le véritable travail des césars consista, bien au contraire, à détruire à l'intérieur les derniers vestiges des barrières qui avaient si longtemps séparé les peuples, à niveler les races comme les Etats, à répandre en tous lieux l'unifo^rmité des lumières et des idées sociales ; à développer, suivant les besoins locaux, ici le commerce, là l'agriculture ou les arts industriels....
« Être Romain, ce fut appartenir à la portion civi-