‹ L'Algérie romaineChapitre 8 sur 174 · Am. Thierry, etc., p · texte numérisé non relu

Am. Thierry, etc., p

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lisée de rhumanité, être membre d'une Bociétô qui possédait toutes les connaissances, toutes les com* médités de la vie matérielle. Romain et barbare furent deux termes d'une corrélation exacte, qui eurent une signification identique depuis Bosra, où l'Arabe pacifié balbutiait le latin, jusqu'aux cabanes des Calédoniens et des Pietés ^ x»

Cette glorieuse mission de Rome à l'égard du monde ancien, de ce qu'elle appelait orgueilleusement son univers ', la France a la généreuse

1. « Electa est Italia nt sparsa congregaret imperia ritusque moU liret, et tôt popnlorum discordes ferasque linguas sermonis commercio contraheret ad colloquia, et humanitatem bomini daret, breviterque nna cunctarnm gentinm in toto orbe patria fieret, y> (Pline, lib. Ùl, cbap. V.)

a Imperiosa nimirnm ciyitas non solnm jugum, vernm etiam lin> gnam snam domitis gentibos imponere Yoluit. » (S. August., de CivU, Dei, 1. XIX, ch. vn.)

tt Pour exprimer %et état nouveau du monde, cette assimilation des races dans une patrie gigantesque qui avait englouti, comme dit Bossuet, toutes les patries antiques et les nationalités distinctes, un nouveau mot fut créé : on le voit apparaître à la fin du iv* siècle, marquant par sa date Tépoque où la fusion est faite. C'est le néologisme Romania, synonyme populaire d*imperium romanum ou d*orbis romanus, formé comme les mots du même genre, Grsecia, Gallia, Britannia, etc., et désignant Tensemble de la civilisation latine. On appelle Romanie tout le pays conquis et civilisé par Rome ; le vir romanus^ le romain, c'est l'habitant d'une partie quelconque de l'empire vivant de la vie romaine, et parlant latin II n'y a plus que deux grandes divisions dans la géographie politique du monde : la romanie et la barbarie, romania et barbaria, le monde soumis à l'unité romaine, le monde flottant et remuant des barbares. Partout on rencontre, dans les écrivains du temps, historiens ou poètes, le commentaire de ce mot nouveau et la preuve du fait qu'il exprime : A quoi bon rechercher, dit saint Augustin, ce qu'étaient autrefois les peuples que Rome gouverne aujourd'hui, puisqu'ils sont tous devenus romains et sont tous appelés romains : quando omnes romani facti sunt et omnes romani dicuntur. (Ad psalm. 58, 1). » — Aubertin, ^i«^oire de la langueet delà littérature françaises y t. I,p.26, sq.

2. Am. Thierry, Tableau de Vempire romain, p. S4. « In orbe romano qui sont... » (Digeste, 1. XVII.)

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ambition de l'accomplir dans un plus modeste domaine : je veux dire dans cette région de l'Afrique que nos armes nous ont d'abord soumise et qui ne nous appartient plus seulement par le droit d'une juste conquête. Nous aussi, en effet, comme nos devanciers les Romains, nous nous étendons au dehors pour développer notre puissance et nos intérêts commerciaux, pour ouvrir à nos prolétaires de nouveaux champs d'émigration, pour propager au loin notre langue, nos mœurs, nos lois et notre sang, pour faire rayonner notre influence politique et le prestige du nom français *. Mais nous avons encore de plus nobles desseins, des visées plus hautes et plus désintéressées ^ Dépouillés aujour-

1. « VnltiB exemplo majornm augere rem romanam victos in civitatem accipiendo? Materia crescendi per summam gloriam suppeditat. » (Discours de Camille sur la condition des peuples latins : T. Liv., VIII, 13.) — « Givitates propagatas auctumque romanum ' nomen communione juris... » (Velleius, 1, 14.) — « Quid aliud exitio Lacedœmoniis et Atheniensibus fuit, quanquam armis pollerent, nisi quod \ictos pro alienigenis arcebant? At conditor noster Romulus tantum sapientia valuit, ni plerosque populos eodem die hostes dein cives habuerit. » (Discours de Claude demandant au sénat le droit des honneurs pour la Gaule chevelue. (Tac, Ann,y XI, 24.) — Am. Thierry.

2. « Hoc patrocinium receptœ in fidem et clientelam vestram univers» gentis... » (T. Liv., XXXVII, 57.)

Beus undique gentes Inclinare caput docuit sub legibus isdem, Romanosque omnes fieri, quos Rhenus et Ister, Quos Tagus aurifluus, quos magnus inundat Iberus... Jus fecit commune pares et nomine eodem Nexnit et domitos fraterna in vincla recepit.

{Prud, contra Symm., 501.)

Et Glaudien, car cette concordance des témoignages importe :

Hxc est in gremium victos quse sola recepit, Humanumque genus communi nomine fecit.

(De laud. SHlich,, lU, x, 50.)

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