Galceus Herculis
4. /. A,j 1631-1644. Ce pont est formé d'une seule arche, plein cintre, de dix mètres d'ouverture, et a une largeur de 4 m. 90. Le tablier, au premier passage des Français, en 1844, présentait des ornières creusées par les roues ; donc la voie avait été carrossable sous les Romains. (Capitaine Ragot.)
ROMAINE EN ALGÉRIE i23
ce caravansérail solitairç d'El-Oulhaïa, perdu au milieu de lïmmense plaine dévorée déjà des feux du Sud, quelle fut, je me souviens, ma surprise, et quelles réflexions s'éveillèrent, en apercevant, sur la façade de la petite maison hospitalière où j'avais déjeuné à l'ombre, cette belle et frappante inscription :
IMP • CAESARES-MAVRELIVSANTONINVS-ET L- AVRELIVS-COMMODVS- AV GGERMANIGI SARMATIGI-FOR T I SS I MI • AM PIIITHEATRVM VETVSTATECORRVPTVM-ASOLORESTI TVERVNT- PERCOHVICOMMAG- A-IVLIO- POMPILIO- PISONE • LAEVILLO • LEG- AVG-PR- PR- GVRANTE • AELIOSERENOPRAEF i
Il ne s'agit plus là d'un modeste bivouac, ni d'une pauvre petite hôtellerie, où se reposent un instant le soldat et le voyageur qui vont de Çonstantine à Biskra ; c'est un amphithéâtre que construisent , non , que restaurent les troupes romaines, sur les ordres et grâce aux libéralités de Marc Aurèle et de Commode ! Une simple pierre suffit à nous reconstruire la pauvre petite oasis d'aujourd'hui, telle qu'elle était en l'an 176 de notre ère ^ !
i, Imperatores Caesares Marcus Aurelius Antoninus et Liicius Aurelius Commodus, Augusti, Germanici, Sarmatici, Fortissimi, amphitheatram Tetnstate corruptum a solo restituerunt, per cohonem sextam Commagenorum, Aulo Iulio Pompilio Pisone Lœvillo, legato Augustorum pro prsBtore, curante jElio Sereno praîfecto.
2. L. Renier, Rapport sur ses missions d'Afrique, 1851. — G. Boissier, dans un de ses articles si intéressants sur ce monde romain qu'il connaît et décrit si bien, montre combien, pendant Tépoque impériale, la vie en somme était aisée et douce dans les provinces, et comme quoi nulle part on ne trouve la trace de ces sentiments d'amertume et de colère, qui, selon quelques écrivains, remplissaient le cœur des sujets de Rome. On avait partout, dit- il, grand souci des affaires municipales : celles de Tempire occupaient beaucoup moins. Le contrecoup des révolutions qui effrayaient la capitale parvenait rarement jusqu'à ces villes lointaines. Sous tous les princes, on vivait à peu près de même ; on leur accordait à tous les mêmes honneurs, parce
Parlerai-je de Tébessa, cette brillante Theveste S populeux et vivant carrefour d*où s'éloignaient huit voies, avec son arc de triomphe à quatre fronts, plus riche, plus élégant peut-être que celui de Janus à Rome ; avec son temple de Minerve, aux chapiteaux corinthiens, que quelques-uns égalent à la Maison-Carrée de Nîmes ? Biskra * — et que disje? Gh*damés et Djerma elles-mêmes ' témoignent, non pas seulement du passage éphémère et de l'apparition des troupes romaines, mais d'une occupation durable *.
Ainsi, de proche en proche, sur cette immensité de l'Afrique romaine, des cités prospères et peuplées, foyers d'une plus haute et plus brillante civilisation ; les villas ombragées et fraîches avoisinant les grandes villes ; puis les villages répandus dans la plaine ou s'abritant au flanc salubre des coteaux; les petites fermes blanches des colons; les riches domaines des grands propriétaires, leurs praedia épars, qui, en Afrique aussi, dégénérèrent à la longue en stériles latifundia ; sur les hauteurs, dominant les vallons et les défilés, des postes de surveillance, des castella pareils à nos blockhaus, comme ce fortin dont les ruines ont été retrouvées à Loth-Bordj, un peu au delà d'El-Kantara, et dont
qu'on recevait d'eux les mêmes services Aussi jouissait-on partout
le plus agréablement possible des loisirs que faisait l'autorité impériale- La littérature était cultivée avec passion Parmi les divertissements
publics, le théâtre tenait surtout une grande place. Jamais les jeux n'ont été plus nombreux qu'à cette époque, et M. Boissier montre toutes ces représentations comiques ou tragiques, ces concours de musique et de poésie, ces -corporations d'actenrs, ces troupes nomades, ces ruines de théâtres et d* amphithéâtres qui se retrouvent jusque da»i les plus pauvres bourgades. Tout cela, dit-il en concluant, tous ces débris de temples, de palais, de thermes, de ponts, de grands chemins, d'aqueducs, donnent l'idée d'une merveilleuse prospérité. (Revue det Z)eMa?-Jlfondcs, 1" juillet 1874.)
1. /. A,, 3089 et sq. « Tébessa est, sans contredit, de toute l'Algérie, la localité qui offre les plus beaux restes d'architecture romaine. » (L. Renier, Rapports,)