H. Duveyrier, Les Touareg , p. 253 et
la petite garnison — des éelaireurs tirés de la légion 3® Augusta * — protégeait la route du sud ^; en même temps,
1. /. A., 1645 burgum speculatorum Antoninianorum M. Valerius
Senecio, legatus pro praetore, fieri j assit. « Les Romains, qui ne souffraient pas que leurs frontières fussent insultées, avaient fait de grands efforts pour les défendre (il s'agit des frontières d'Egypte et de Syrie : les précautions militaires ne furent guère autres en Afrique). Il reste quelques débris des châteaux forts qu'ils avaient élevés sur la limite du désert, et l'on peut lire encore sur leurs ruines les inscriptions que les soldats y gravaient, il y a seize siècles, pendant les ennuis de la garnison. — Syriens, dit l'un d'eux, tenez-vous en paix devant les Latins de Rome. » (G. Roissier, Uempire romain en Orient : Revue des Deux-Mondes, i*^ juillet 1877.)
2. La construction de ce fortin de Loth-Rordj date de Caracalla (212- 217). On a découvert, à quelques kilomètres plus loin, une inscription presque identique, mentionnant la construction d'un petit fort semblable, élevé sous le règne de Commode, en l'année 188, par les soins d'un certain Gordianus, légat propréteur, qui figure sur un monument d*El-Kantara, comme ayant fait réparer le pont. C'est donc à la fin du deuxième siècle que cette seconde partie de la grande route qui menait de Lambèse aux Ziban fut rendue carrossable et fortifiée de postes militaires. LUnscription indique très nettement le but de ce petit poste militaire, destiné à assurer sur les deux routes la sécurité des voyageurs : inter duos vias ad saîutem commeantium. A cet endroit, en effets se bifurquait la voie romaine, d'une part sur Riskra, de l'autre sur Tobna. L'histoire fait entrevoir les motifs qui ont pu décider Commode à prescrire le percement de ces routes stratégiques et la construction de ces postes fortifiés. Capitolin nous montre, à cette époque, les Gétules poussant leurs incursions au delà de la frontière du Tell ; eu 188, l'empereur pense à venir lui-même en Afrique; il n'y vient pas, mais il y envoie en 190 Pertinax, qui y trouve beaucoup à faire. (Cap. Ragot)
M. A. de Ceuleneer, dans l'obligeant article qu'il a bien voulu consacrer à mon ouvrage, rectifie ainsi ce dernier fait : u Pertinax ne fut pas envoyé en 190 en Afrique pour combattre les Gétules, car, dès le printemps de 189, il succéda à Fuscianus en qualité de préfet de la ville. (De Rossi, BuUl, arch, crût», 1866, p. 6.) Il était proconsul d'Afrique en 188, et, pendant ce proconsulat, on eut à étouffer diverses révoltes. Le texte de Capitolin, fort corrompu en cet endroit, porte : in quo proconsuîalu multas seditiones perpessus. {Cap.^ Pert. 4.) Encore faudrait-il expliquer comment Pertinax aurait pu maîtriser les révoltés, lui proconsul, alors que le commandement militaire appartenait au légat de la troisième légion. »
11 n'y a que cinquante ans à peine que nous sommes, nous Français, en Afrique, et une route sûre et magnifique relie le désert a la mer, l'oasis de Riskra au port de Philippeville !
les travaux de toute sorte qu'entraîne avec elle la marche féconde de la civilisation : un admirable système de voies de communication, de routes militaires, dont nos soldats, aux premiers jours de la conquête, retrouvaient et suivaienl les traces étemelles, dont les itinéraires anciens nous révèlent le réseau multiple et complet, et dont les inscriptions enfin nous disent et nous redisent le vigilant entretien ^ ; de distance en distance, le long de toutes ces routes, les gîtes d'étapes, les caravansérails, mansiones; partout où y invitaient des sources propices, et le nord de l'Afrique est très riche de ces eaux bienfaisantes, des thermes où le soldat guérissait ses blessures et le colon ses fièvres *;des citernes immenses et de vastes silos où s'emmagasinaient les eaux toujours trop rares, où s'entassait le trop-plein du blé; tout cela, ressuscité par l'imagination, commenté des grands souvenirs lointains de l'histoire et de cette mystérieuse poésie des ruines , colonnes écroulées , silencieuses nécropoles, portes triomphales, pans de murs qui bravent les années, minœ murorum ingenteSy arcades des aqueducs franchissant les vallées : tout cela fait un bel et saisissant spectacle, tout cela reconstruit à nos yeux une Algérie romaine vivante, riche, latinisée, digne de Rome : tout cela nous frappe d'une naturelle admiration ; nous nous sentons, au pied de ces ruines africaines, remplis de respect pour les auteurs d'un
1. « Les Romains étaient fort occupés, en Orient comme partout, î développer le commerce et à lui ouvrir des voies de communicatioB* Quelquefois ils s'étaient contentés de marquer avec de grandes pierres, qui sont restées en place, le chemin des caravanes ; le plus souvent, il> avaient construit de ces routes indestructibles qui conservent dans tout l'univers le souvenir de leur domination. On les retrouve encore, nous disent les voyageurs, sur les confins de l'Arabie, avec leurs grands W^ de lave solidement enfermés dans un rebord de pierre ; elles sont intactes comme au temps où elles étaient sans cesse parcoumes {M^ des troupes de cavaliers, montés sur des chevaux ou des dromadaires, qui se jetaient à la poursuite des fuyards. >> (Boissier, tbid,) — Voir, i l'appendice, une note sur les voies romaines : XVl.