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.,3. T.-L., XXVIII, 17 : « Fœdus ea tempestate régi cum Carthaginienerat. » Cet ea tempestate a une veille et aura un lendemain.
U6 PRÉUMINAIRES ET PRÉPARATIFS
tions, de toutes les ressources, de tous les prestiges du savoir faire S de quel intérêt devaient être, et de quel poids dans la balance, les bonnes dispositions de Syphax ! Syphai était le plus puissant chef du pays ; il s*était, dès longtemps, mesuré et aguerri avec Carlhage ; enfin son territoire était, par sa proximité de TËspagne, de Taccès le plus favorable ^ Scipion connaissait bien ce rapprochement récent avec Garthage, mais il pensait aussi que ce dernier replâtrage avait chance de n*étre ni plus sérieux ni plus sacré que les précédents pour le roi numide, qui, comme tous les barbares, subordonnait volontiers sa fidélité à ses intérêts et à la fortune. Syphax prêta l'oreille en effet aux premières ouvertures de Lselius : Carthage alors semblait de nouveau perdue, et Rome triomphante. Mais, par vanité ou par méfiance, il entendit n'engager sa parole et ne recevoir celle des Romains que par-devant Scipion lui-même. Scipion eut alors celle audace — l'Afrique le tentait invinciblement — de s'embarquer secrètement à Carthagène, de partir avec deux quinquérèmes seulement, et de mettre, comme César, sa vie el sa fortune à la merci de la mer et d'un barbare d'une sincérité équivoque. La mer et le vent lui furent cléments, et le barbare, hôte loyal et sûr. Quel curieux hasard, et quelle scène étrange et émouvante ! Au moment même où Scipion approchait de la côte africaine, Asdrubal, le vaincu d'Espagne, abordait tristement avec sept trirèmes dans la résidence de Syphax. Pendant qu'il jetait l'ancre, il aperçoit les deux embarcations inconnues, les reconnaît pour ennemies, et, ne doutant pas d'un facile succès, il donne le signal de l'attaque; mais la brise et les dieux protégeaient Scipion, et il était déjà dans le port, que les vaisseaux carthaginois n'avaient point achevé leur branle-bas. Asdrubal n'osa plus engager la
1. T.-L., XXVI, 19 ; « .... ita elato ab ingenti virtutum saarnm ^duci* animo, ut nuUum ferox verbum excideret ; ingensque omnibua, q^sc (liceret, quum majestas inesset, tnm fides. » (Voir tout le chapitre.)