‹ L'Algérie romaineChapitre 85 sur 174 · T.-L., ibid. Voir tout ce chapitre · texte numérisé non relu

T.-L., ibid. Voir tout ce chapitre

2. T.-L., XXX, 13. « Illam furiam pestemque omnibus delinimentis ^imum suum avertisse atque aliénasse. » — Dans ce livre se dessine P|ï»s nettement cette tragique et poétique figure de Sophonisbe ; Tite- ^ive nous la montre, savamment éplorée, et dans Un deuil plein de 'îharme et d'art, placée comme une triste statue sur le seuil de la 'demeure royale, au moment où Masinissa vainqueur, et maître de sa ^^ille Cirta, court au galop de son cheval prendre possession du Nais d'un rival détesté. « Forma erat insignis et florentissima xtas. » Kt toute cette scène frémissante, cette prière à genoux, ces pleurs qui 'embellissent, cette main pressée et ces baisers suppliants qui trou- ^'ent, ce merveilleux petit discours qui ressemble plus à une caresse

donc de lui qu'il adresse une ambassade à Scipion, heureu- . sèment encore en Sicile, et qu'il lui dénonce nettement l'alliance précédemment conclue. « Scipion ne devait plus compter sur ses promesses ; mari d'une Carthaginoise, de la fille d'Asdrubal, uni par un traité au peuple carthaginois, il souhaitait par-dessus tout que la lutte commencée se continuât hors de l'Afrique, afin de pouvoir se désintéresser de la querelle ; que si P. Scipion ne renonçait pas à ses projets et marchait sur Carthage, Syphax serait forcé de combattre pour la terre où il était né, pour la patrie de celle qui était maintenant sa femme, pour les tombeaux de ses pères, pour son foyer, pour ses pénates *. » Scipion perdait du coup un puissant appui et une grande chance de succès ; il répondit immédiatement à Syphax, pour essayer de le ramener encore ; il cacha d'ailleurs soigneusement l'objet de la mission numide et le contenu du message, répandit des bruits tout contraires, et hâta d'autant plus les derniers apprêts du départ. Lorsque le grand jour fut venu, lorsque Scipion, du haut de son vaisseau amiral, au milieu d'un solennel silence, eut appelé la protection des dieux sur Rome, sur lui-même, sur tous ceux qui l'accompagnaient, il donna l'ordre du départ ; et la flotte, levant l'ancre, aux acclamations d'une foule immense, disparut bientôt en pleine mer *. Le lendemain, le pilote signala le cap de Mercure ; un brouillard épais, vers midi, empêcha le débarquement ; la nuit se passa ainsi, non sans quelque inquiétude ; le matin venu, un vent frais dissipa les brumes : toute l'étendue de ces admirables

qu'à une prière ! Masinissa est bon, il a pitié ; mais surtout il çst jeune ; il s'éprend d'une folle passion! (XXX, 12, 13, 14, 15.)

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