OBSERVATION XIII
Imbécillité. — Suscilalion invincible des passions à l'époque de la purberlé. — Grande incoercibilité devant les soins hygiéniques. — Disciplinisalion. — Travail. — Persistance de l'érotomanie. — Aucuns rapports de famille.
La nommée G... est entrée à l'asile de.... en... — On remarque de suite chez elle un arrêt considérable des facultés. Jamais, jusqu'au jour de l'internement, on n'a pu lui apprendre l'ouvrage le plus simple et la faire se tenir propre. — D'après les
renseignements qu'on a su depuis fort vrais, les passions s'éveillèrent lorsqu'arriva la puberté; la vue de n'importe quel homme produisait une vive excitation qui exigeait des soins constants; aussi, dut-on la faire interner. — La fille G... est d'une taille ordinaire, bien conformée. Elle n'a aucune tenue et, sans les soins qu'on prenait tout d'abord d'elle, elle aurait été incapable de s'habiller convenablement et de penser à la propreté élémentaire. — Ses idées sont les plus simples; elle ne sait pas son âge, ne peut apprécier une pièce de monnaie; il lui est impossible enfin de s'élever aux premières notions générales. — Elle n'a pu, pendant longtemps, se plier à la décence; on est enfin parvenu à exercer une influence moralisatrice salutaire et, en même temps, le sentiment de la propreté s'est éveillé ; la malade s'habille et se soigne actuellement à peu près seule; on a également obtenu un peu d'aptitude journalière à des travaux qui ne dépassent pas une certaine sphère de compréhension. — Elle est douce, obéissante, montre beaucoup de bonne volonté. — Elle est très-affectueuse pour les personnes chargées de lui donner des soins; ainsi, une vigilance assidue a éveillé le sentiment affectif. — Les instincts erotiques ont persisté ; la vue d'un visage masculin anime immédiatement son visage; aussi la malade doit elle être veillée constamment.— Aucuns rapports de famille.
Remarques. — La fille G... était très-dangereuse pour la morale publique ; l'internement présentait donc un caractère d'urgence et précautionnel qui a toujours sa raison d'être. — La malade a été rendue disciplinaire ; on l'a beaucoup moralisée, et on est parvenu, par le travail, à la distraire en grande partie de son excitation. — Si on n'a pu lui rendre des facultés que la nature avait refusées, on l'a mise à même de se relever beaucoup de son état
de dégradation mentale et de se rendre un peu profitable dans le milieu où elle se trouve. — Elle n'aurait certes pas d'appui auprès de ses parents qui ne veulent pas en entendre parler ; la charité légale lui doit un asile, et la garantie publique le réclame.