OBSERVATION XXVIII
Délire aigu- — Névropathisme s exacerbant à l'époque calaméniale. — Mauvais procédés vis-à-vis de la personne. — Gué rison sous l'influence de l'asile. — Rechute h craindre en raison des attentions peu bienveillantes du dehors.
La nommée F... entre à l'asile de..., en. — Cette femme est essentiellement névropalhique; de plus, elle compte dans sa
famille une tante atteinte de la même affection qu'elle. — Elle vint une première fois à l'asile, deux ans avant cette seconde entrée, et sortit guérie au bout d'un mois. — Elle était aussi raisonnable que tout le monde ; seulement, à l'époque cataméniale, elle devenait très-irritable. — A l'une de ces époques, violemment tourmentée par son mari qui était loin d'avoir de bons procédés avec elle, elle entra dans une grande colère à la suite de laquelle un délire aigu se manifesta. — Entrée à l'asile, elle nécessita d'abord l'usage de moyens répressifs pour l'empêcher de se nuire à elle-même dans ses mouvements désordonnés. — Des bains prolongés avec affusions froides souvent répétées, l'opium à haute dose eurent, en peu de temps, raison de l'acuité du mal. — On la fit se promener, travailler; on surveilla attentivement son sommeil. L'agitation alla en décroissant ; le calme complet reparut ; avec lui, les sentiments affectifs se réveillèrent. — On put, deux mois après l'admission, lui donner l'exeat.
Remarques. — L'isolement et un traitement approprié impossible à exécuter en ville ont amené sa guérison. — 11 est néanmoins à présumer, l'hérédité prédisposant, qu'il y aura récidive parce que la malade a un mari méchant, ivrogne, dépensant tout son argent à mesure qu'il le gagne, qui la tourmente et la bat; elle se trouve alors dans des conditions qui exagèrent outre mesure une sensibilité idyosyncralique. — L'attention et l'amitié de la famille venant à manquer, l'isolement devra être encore une ressource. — Mais, à la fin, l'incurabilité pourra venir, et le mari pourra revendiquer sa bonne part dans la production d'une situation morbide des plus tristes pour sa femme.