POST-FACE
« La loi sur les aliénés, a dit M. Falret, est une loi sans précédent et sans analogue de quelque nature que ce soit. Elle apparaît tout à coup, et réglemente non-seulement le sort d'une classe d'infortunés laissés jadis dans l'oubli et l'abandon les plus complets; mais elle réglemente encore l'administration des établissements consacrés aux aliénés, et même le traitement qui convient à ces malades. — Les hommes qui osent entrer dans la carrière spéciale seront forcément tenus pendant 25 ou 30 ans dans une sphère d'action et de dépendance féconde en hésitations, en obstacles, en résistances et luttes de toute
espèce. Vous avez accepté la direction d'un asile d'aliénés : préparez-vous à une vie de labeur, de suspicion, d'entraves et de dévouement quand même, de persévérance à toute épreuve et d'abnégation. Il vous faudra tout supporter; ce n'est qu'à ce prix que vous vous montrerez le vrai défenseur de la cause des plus malheureux des hommes, des aliénés, et que vous parviendrez à faire triompher cette cause. (1) »
Certes il a fallu, depuis soixante ans, subir bien des luttes et des résistances. — Mais enfin, le courage scientifique et la justesse des règles tracées par le pouvoir central ont détruit les privilèges, anéanti les abus des anciennes entreprises, ont fait tomber les préjugés devant l'expérience et ont mis les
(1) Lettre au docteur Evrat.
connaissances durement acquises au service du véritable esprit de charité et de progrès. Quelques incidents regrettables donnent parfois lieu au réveil du double génie du mal et de l'ignorance. — Quoi qu'il en advienne un moment,
TRANSEENT DOMINES, FRINCIPIA MANENT.