‹ L'Alimentation Complémentaire du Nourrisson à l'Allaitement ArtificielChapitre 11 sur 29 · SR ESS · texte numérisé non relu

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matique, des circonstances très nettes permettent d’invoquer un tel mécanisme ; mais ces cas sont relativement peu fréquents. Au contraire, les formes frustes, chroniques, à évolution lente, sont plus difficiles à interpréter. La notion d’anaphylaxie est une interprétation très séduisante, en raison de la thérapeutique qui en découle par les injections de lait. Mais il serait très judicieux de ne poser ce diagnostic qu'avec prudence, d’en faire presque un diagnostic par élimination. Il faut auparavant procéder à un examen très approfondi de l’enfant et de ses parents d’une part, de son mode d’alimentation d'autre part. Très souvent, celui-ci recèle la clef du problème, mais la complexité même des seules notions bien établies de nos jours rend déjà la tâche difficile.

Voici, à l'appui de ces notions, deux observations relatives aux deux enfants d’une même famille, et qui sernblent assez démonstratives.

OBSERVATION I. — Le premier, né à 8 mois en mars 1924 avec un poids de 2.200 grammes, à eu une Croisgance facile et régulière pendant les quatre premiers mois de son existence. Pendant ce laps de temps, il était soumis au régime mixte : sein et biberon. I} atteint ainsi à 4 mois le poids de 5.660 grammes, mais commence alors à présenter un ralentissement de croissance qui éoïncide avec la diminution rapide du lait de sa mère. Celle-ci en effet ne lui fournit plus que cinq à dix grammes de lait par tétées. Or, dès le jour où la sécrétion maternellé fut complètement tarie, la croissance de l’enfant s'arrêta net, et la sensibilité aux infections se tra-

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duisit aussitôt par une gastro-entérite fébrile rapidement suivie d’une angine puis d’une grippe, à la suite de laquelle des signes de scorbut, notamment des hémorragies gingivales firent leur apparition. L'enfant traité aussitôt se remit à pousser, mais bientôt apparurent une vâleur intense, des poussées fébriles et une perte d’appétit qui se prolongèrent pendant de longs mois.

OBSERVATION II, — Le deuxième enfant, également prématuré, fut une fille née en mars 1925 à 7 mois, pesant 1.700 grammes. Son histoire clinique fut presque

la répétition de ia précédente, et cette fois encore l’ap-

parition des accidents coïncida avec la suppression de l'allaitement au sein. Ici comme dans le premier cas, le

toutes petites quantités est apparu comme un véritabl

lait maternel en e facteur de croissance, dont l’action semble vraiment impressionnante en dépit du mécanisme qui nous échappe. La suppression de ce lait a eu un singulier retentissement sur cet enfant qui est arrivé à l’âge de dix-huit mois, sans pouvoir franchement dépasser le poids de huit kilogs qu’il traînait depuis l’âge d’un an. Bien mieux, au cours de ces six derniers mois, ce bébé à présenté à plusieurs reprises des périodes

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sa mère qualifiait de caprices, cette ano.

Bt surtout sur les œufs et les bouillies. il falquer de véritables gavages, immédiatement sui-

« Tays € 1 + + : r 1 AURiQUelOIS Un meilleur sort, mais l'enfant ne gardait en fin de compte qu’une toute petite quantité de lait par iour, Ces phénomènes se sont amendés à l’âge de dix-

n1134 14 + = LIENS CAT huit mois, époque où l'enfant à commencé à marcher,

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mais où l’on a pu noter également des signes de rachitisme, en particulier un très gros ventre. Trois mois. plus tard les difficultés surgissent de nouveau, et l’enfant présente une nouvelle période d’amaigrissement et de vomissements qui font examiner alors les urines et poser le diagnostic de vomissements acétonémiques. Après l’'apaisemient de ce nouvel incident aigu, l'enfant semble se remettre à bien partir et à pousser Lu une m2- satisfaisante.

Quelle que soit la pathogénie exacte de ces faits, ces deux observations dia uisent une évolution assez habituelle des accidents notés au cours de l'allaitement artificiel, Que celui-ci soit pratiqué d'emblée à la naissance ou après une phase préalable d'allaitement au sein, il n'est pas rare de noter la succession de toute une série de troubles qui viennent faire surgir à chaque instant le nouvelles difficultés et entraver la croissance des en-

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revêtir des aspects très variables, et la complexité des données Perses l'explique suffisamment. Mais leur grand caractère est leur allure insidieuse, l’allure banale des symptômes qui n’attirent souvent l'attention qu’à une péricde déjà avancée de la maladie. Aux yeux d’un entourage peu averti, ces signes ne prennent de l'importance que par suite de leur prolongation interminable, et le médecin consulté alors sera frappé de l'absence d’affections et surtout d'infections associées qui pourraient leur donner une raison d’être.

On comprend dès lors, qu’en clinique, les médecins. appelés à examiner de tels nourrissons puissent obser-

nent des signes dystrophiques nets, tels des signes de rachitisme. D’autres fois le tableau est des plus vagues : l'enfant profite mal de son alimentation ; sans raison apparente son développement est ralenti ou tout à fai: arrêté, son poids et sa taille sont très en dessous de ceux de son âge : l’enfant est un arriéré, voire un hypotrophique.

Mais surtout, bien souvent, il est possible de noter l’existence de signes généraux. C’est d’abord l’anémie avec sa grande pâleur, signe objectif qui frappera d’emblée l'attention du médecin, alors que les parents, toujours dans l’ambiance de leur enfant, ne remarquent pas ses transformations successives et se plaignent à peine de sa mauvaise mine. Les autres signes sont à rechercher par une enquête serrée : la fièvre, même légère, a une grosse valeur, surtout si aucune infection ne vient l’expliquer, car elle s'oppose à la monothermie habituelle des nourrissons bien portants. D’autres enfants: présentent surtout de grandes irrégularités de leur courbe pondérale, ou encore accusent des troubles nerveux : apathie et somnolence continues, ou au contraire agitation, cris surtout nocturnes, insomnies. C’est chez de tels enfants que l’on note souvent une anorexie complète avec des vomissements fréquents et parfois des signes de Spasmophilie. L'état de la peau enfin vient refléter l’état de santé de ces nourrissons, et très souvent on observe de l’urticaire, un strophulus rebelle accompagné de prurit et de lésions de grattage, des poussées d’eczéma. La valeur de ces signes sera analysée plus loin, mais dès maintenant il convient de considérer leur présence comme des signes presque certains de

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