‹ L'Alimentation Complémentaire du Nourrisson à l'Allaitement ArtificielChapitre 22 sur 29 · PEER · texte numérisé non relu

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en rechercher la cause dans quelque erreur de technique.

La quantité de jus de fruit administré au nourrisson représente un premier point intéressant de la question. Très souvent, en effet, les familles croient avoir réalisé toutes ies indications du régime, en donnant à leurs enfants une ou deux cuillerées à café de jus de raisin, de citron ou d’orange. En fait, dans bien des cas, une telle mesure représente une facon d’agir très timide d’où résuitent de nombreux insuccès. La meilleure démonstration en est fourïie par les expérimentateurs qui ont cherché à établir la teneur en vitamine € de différentes substances, et ont pu déterminer la quantité de chaque aliment nécessaire pour prévenir ou guérir le scorbut. On est arrivé ainsi à fixer que, pour empécher le développement du scorbut, il fallait donner chaque jour au cobaye 1 em°,5 à 2 em° de jus frais de citron. ou d'orange, ou 1 gramme de tomate ou de chou cru, où 16 grammes de bananes ou de carottes nouvelles, où 15 grammes de pommes de terre, ou 20 grammes de raisins frais. #

Ii serait évidemment puéril et outré de fixer la dose

e substances fraîches à donner au nourrisson en tablant sur quelque relations pondérale entre l'enfant et le cobaye ; l'expérience démontre néanmoins que les besoins du nourrisson en vitamine C sont supérieurs à ceux du cobaye, en dépit du terme de substance « minimale » aui sert à qualifier chaque vitamine. C'est là un fait important dont il y a grand lieu de tenir compte, et qui cadre bien avec les règles classiques du traitement antiscorbutique. Rappelant ces règles dans un récent article, M. Marfan prescrit le jus de citron à la

dose de quatre à six cuillerées à café par jour, dilué ‘dans un peu d’eau sucrée en raison de son goût âpre. On'ne risquerait en effet que des déboires, à se tenir en-dessous de ces quantités, et les médecins doivent veiller de près à l'exécution de leur ordonnance à ce sujet, car l’inappétence de l’enfant et la timidité des parents pourraient causer plus d’une négligence.

Les essais de dosage du pouvoir antiscorbutique des aliments ont abouti d'autre part à montrer l'existence de . vitamine C dans de très nombreuses substances. À côté des jus de citron, d'orange, de raisin dont J'eraa est classique, on trouve la framboise, la pomme, la poire, la banane, l'ananas. On trouve aussi le miel, aliment antiscorbutique excellent, riche en vitamine C et en sels minéraux, et dont l’administration au nourrisson fournit un laxatif assez fidèle qui lubréfie le bol intestinai et favorise son élimination. On peut le donner très facilement dans les biberons de lait à la dose d’une cuillerée à café. Pris sous cette forme, il vient remplacer le sucre du lait, et il est très bien toléré dès les premiers mois de ia vie. Mais on trouve surtout une longue série de légumes, dont la richesse parfois importante en vitamine ©, ne doit surprendre personne, puisqu'ils cons-

ituent la ‘apeutique anti-scorbutique de l’adulte et

le point de départ des recherches sur les vitamines. Or,

d'aïjonction < légumes à l’alimentation des nourrissons

a 56 préconisée hors de France, et dans certains pays : pratique est aujourd’hui d’un usage courant.

Pour motiver une telle manière d’agir, on a cherché à mettre on vedette l'existence, dans les légumes, d’un important facteur d’alcalinité, susceptible de s'opposer

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à l'acidité des résidus digestifs, de règle chez le nourrisson au lait, On y a vu également des aliments riches en jer et riches en albumines, mais surtout en albumines différentes de celles du lait, et dont les éléments purines et amides pouvaient jouer un rôle trophique considérable. Tous ces faits ont été longuement étudiés en Allemagne par Burgi, von Fellenberg, Rubner, von Noorden et Salomon, Hamburger .et Stranski, mais en réalité ils représentent des arguments dont l'intérêt pâlit devant le pouvoir antiscorbutique des légumes, qui doit constituer leur indication primordiale.

À cet égard, il convient de placer au premier rang la tomate, un des légumes les plus riches en vitamine :€, et dont on peut faire prendre le jus au nourrisson, tout comme le jus de citron. C'est un puissant antiscorbuütique dont on peut obtenir d’excellents effets, et qui, même en conserve, garde la plus grande part de son efficacité. A côté d'elle se trouvent les épinards, riches en vitamine C et riches en fer, très en honneur surtout en Suisse. On peut très facilement les faire accepter aux enfants si on prend soin de les préparer finement hachés comme pour une purée, et d'en mélanger une ou deux cuillerées à café à un biberon de lait bien sucré.

La grande diffusion de la vitamine C devrait inciter à pratiquer l'essai des légumes les plus variés. Pour le moment, les applications au nourrisson ont porté sur un nombre relativement restreint de légumes. Les auteurs allemands ont surtout utilisé en dehors des espèces précitées, les carottes, les choux-fleurs et les laitues. A Paris, M. Ribadeau-Dumas se sert volontiers du jus de

cresson qu’il fait prendre dans du lait et dont il se trouve très satisfait.

Tous les auteurs qui ont essayé de donner des légumes dès les premiers mois, ont noté, et le fait vaut d’être souliané, une parfaite tolérance des enfants, même à l'âge de 4 ou 5 mois, et les résultats ont été des plus encourageants. Chaque fois, les signes de scorbut fruste régressent progressivement, l’anémie disparaît, l’appétit est stimulé, Bien mieux, la tolérance de l’enfant permet vite d'augmenter la dose de légumes, et la cellulose, dont la digestion est nulle ou incomplète au cours de la première année, va constituer un important résidu, véritable lest qui favorise l'évacuation intestinale et lutte contre la constipation si souvent opiniâtre du nourrisson au biberon.

L'hôpital de Strasbourg fournit quotidiennement une démonstration assez importante de ces faits. De nombreux enfants du premier âge y reçoivent, à un de leurs repas au moins, Une soupe aux légumes. On utilise pour la préparer des carottes, des épinards, des laitues pommées ou des romaines. Les légumes, bien épluchés, sont cuits dans de l’eau légèrement salée jusqu’à ce qu’ils soient bien tendres. On enlève l'eau (qui est réservée pour la soupe), on passe les légumes à la machine puis dans une passoire fine. On ajoute alors les légumes à la soupe, ou bien si l’enfant est plus âgé, on les lui donne avec de la viande ou avec du beurre.

Il y à dans ce mode de préparation de la soupe aux légumes, un point qu’il est très important d'observer : c’est la conservation de l’eau de cuisson que l’on ajoute de nouveau aux légumes une fois ceux-ci passés. On doit

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surtout à Von Noorden et Salomon d’avoir attiré l'attention sur ce fait, que l’eau contenait après la cuisson des légumes une très grande partie des substances azotées, des hydrates de carbone et des sels minéraux. Il semble donc indiqué également de ne cuire les légumes que dans une très petite quantité d’eau, ou encore de les donner en purée plus épaisse après cuisson exclusive à la vapeur : c'est la cuisson dite à l’étuvée ou à l'anglaise. De plus, il y aurait intérêt à soumettre les légumes à une cuisson aussi courte que possible, leur alcalinité tendant à regresser si la cuisson se prolonge, et même à se transformer en acidité, d’où perte d’un

des avantages accessoires de l'alimentation végétale.

Il serait vain de vouloir épuiser ici la matière des régimes antiscorbutiques et de prétendre donner une liste complète des aliments qui répondent à cette indication. Il y a lieu cependant, à côté des substances déjà signalées, de noter les aliments d’origine animale. Ie encore, la vitamine © est assez répandue, mais une substance surtout doit être retenue, en raison de son administration possible au nourrisson : la viande. C’est un aliment tout à fait usité chez l’enfant sain de plus d’un an ; mais en fait, il semble permis d'en essayer un usage plus précoce chez le nourrisson au biberon.

Le jus de viande représente la première forme que l'on donne à l'enfant, et lon admet habituellement que celui-ci peut le tolérer dès le onzième mois. En réalité, les essais en sont presque toujours encourageants à une date bien plus précoce, et d'ordinaire dès le huitième mois, le jus de viande paraît susceptible d’être un anti- | scorbutique et un hématopoïétique précieux.

Puis vient la viande crue finement hachée, que l’on peut donner facilement vers le neuvième ou dixième mois, soit pure, soit dans du bouillon, dans de la confiture ou encore dans une panade, selon la recette de M. Marfan. On en obtient d'excellents résultats, mais 1] faut toujours la donner avec précautions, par cuillerées à café au début, en surveillant de près l’état des selles et en 5e méfiant du moindre trouble de fermentation intestinale.

Quand on entrevoit la possibilité de donner au nourrisson un aussi grand nombre d'aliments, le problème de la variété alimentaire se présente d’une manière assez simple ; sa tentative est d’ailleurs très facilitée par le regain d’appétit des enfants qui y sont soumis, par l’absence de troubles digestifs chez ces enfants. Ce dernier élément découle d’ailleurs très souvent de la diminution de la ration de lait, tous les aliments complémentaires pouvant réaliser en même temps qu’un apport de vitamines, un apport calorique très important. Par le fait même, la lutte contre les maladies par carence se double par la restriction lactée d’une lutte contre la dyspepsie du lait de vache.

AVITAMINOSE À. =- ji] est encore plus aisé de satisfaire les exigences alimentaires du nourrisson, si, à côté de la lutte antiscorbutique, on veille à parer aux autres carences, notamment à la carence du facteur liposoluble. On arrive alors à combler largement les déficiences caloriques créées par la restriction du lait dans la ration quotidienne de l’enfant.

La vitamine A, qui semble exister surtout dans le

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