RÉDACTION DES ORDRES D 'EXPÉDITION I
torréfaction et à opérer des réductions sur les rations supplémentaires, en commençant par celles qu'ils avaient accordées par extension des instructions de juin 1917, et ensuite, sur les autres rations supplémentaires, à l'exclusion de celle qui était accordée aux ouvriers. En aucun cas, ils ne pouvaient ni supprimer, ni diminuer cette dernière.
Dans le cas d'extrême pénurie, certains Comités pouvaient être amenés à réduire momentanément la ration générale en attendant des arrivages. Des mesures étaient prises dans ce cas pour remettre au plus tôt les choses en état, en restituant l'arriéré sous forme de distribution supplémentaire.
Les Comités provinciaux furent priés de transmettre au Comité National, à la fin de chaque mois, un tableau indiquant les quantités de froment ou de farine consommées pendant le mois : a) sous forme de rations supplémentaires; b) pour la torréfaction ou les fabrications spéciales.
Par l'instruction du 10 octobre 1918, un léger changement fut apporté à ce régime. Les céréales nécessaires à la préparation de la torréaline (seigle torréfié) ne furent plus prélevées par les Comités sur les quantités mises à leur disposition pour la distribution des rations supplémentaires. Elles firent l'objet d'une répartition spéciale calculée de façon que, dans chaque province, la ration de torréaline fût de 500 grammes par tête pour deux mois.
5. — La rédaction des ordres pour le bureau d'expédition de la C. R. B. à Rotterdam.
Par le lent travail de perfectionnement exposé dans les paragraphes précédents, le Comité National diminua de plus en plus le rôle des présomptions dans la détermination des besoins des provinces et, par suite, l'écart entre la part qui leur était attribuée et leurs besoins réels. Les ordres envoyés à Rotterdam pour régler les expéditions à faire à chaque province ne pouvaient serrer la réahté d'aussi près. Le bureau de Bruxelles de la C. R. B. devait modifier, dans une mesure variable, les bases que lui communiquait le Comité National, pour tenir compte des changements probables qui se seraient produits dans la population de la province au moment où les ordres donnés à Rotterdam
is
seraient exécutés. Les plus importants de ces changements étaient dus à l'arrivée ou au départ de réfugiés venant, tantôt de territoires belges, tantôt, et c'était le cas le plus fréquent, de territoires français. L'administration allemande leur désignait leur résidence et le Comité provincial dans le ressort duquel ils étaient hébergés devait pourvoir à leur nourriture. Il fallait donc que la C. R. B. fît parvenir par avance à ce dernier une quantité de céréales suffisante pour qu'il n'eût à refuser à personne sa ration de pain. Bien entendu, si un Comité provincial avait reçu une quantité de produits supérieure à ses besoins effectifs, il devait tenir compte des excédents au Comité National, et la C. R. B. les soustrayait des envois à faire ultérieurement.
Mise en rapport avec le relevé des stocks existants dans les jsrovinces et celui des libérations de céréales indigènes, la statistique des rations permettait de calculer la quantité de froment qui devait être expédiée de Rotterdam à chaque province. Le calcul se faisait très simplement, à l'aide de cadres-formulaires.
Voici à titre d'exemple comment on dressait en 1915 et en 1916, au moyen de ces cadres, le tableau des pourcentages de distribution envoyé chaque mois à Rotterdam (les chiffres donnés sont ceux du mois d'août 1916) :
BELGIUM. — PERCENTAGE TABLE. WHEAT
PROVINCES
Actual rations
Rcquirements
at 305 grams
ot
wheat percapita
per dieni
Native wheat Theoretical libération
Autwerp
Brabant
Bruges
Brussels
Courtrai
Ghent
Hainaut
Liège
Limbourg
Luxembourg . . .
Namur
TOTAI,. . .
(i) Rations : 260 grams of wheat per capita per diem.