COMITÉS RÉGIONAUX ET LOCAUX
sur le danger d'envoyer aux Comités locaux plus de marchandises qu'ils n'en devaient distribuer.
En général, disait le président du Comité exécutif aux délégués provinciaux, le 9 décembre 191 5, les Comités provinciaux répartissent les produits qu'ils reçoivent entre les Comités régionaux ou locaux au prorata de la population de la région ou de la conunune.
En principe, cette base de répartition est bonne pour le froment et la farine, mais son application aux autres produits peut avoir pour conséquence d'accumuler certaines denrées dans les magasins régionaux ou locaux et d'obliger ainsi leurs gérants ou bien à remettre aux consommateurs des quantités dépassant leurs besoins immédiats, ou bien, ce qui est i)lus grave, à se défaire d'une partie des marchandises en les vendant à des commerçants ou à des particuliers. Jusqu'ici les cas de l'espèce ont été excessivement rares, et ils ont été réprimés au.ssitôt, mais la per.spective que nous avons actuellement de recevoir régulièrement de grandes quantités de maïs, de riz, de lard, de saindoux, etc., nous fait un devoir d'attirer tout spécialement l'attention des Comités provinciaux sur ce point.
Ceux-ci devraient d'abord examiner s'il n'est pas possible d'exiger des Comités locaux un état des besoins mensuels, afin de supprimer les répartitions d'ofl&ce au prorata de la population. De cette manière, on éviterait de créer des stocks locaux dépassant les moyens financiers des Comités locaux. Si les arrivages mensuels dépassent la consommation du mois, mieux vaut constituer le stock dans le magasin provincial, afin que celui-ci puisse en disposer en faveur des Comités locaux dont les besoins dépasseraient les pré\dsions (i).
Il leur conseillait, en outre, de distribuer les produits par rations d'un poids déterminé, calculées d'après les besoins d'ime personne ou d'un ménage pendant tme période d'une ou de deux semaines et de façon à ne pas dépasser en un mois une quantité qui fut indiquée à la réunion du 16 janvier 1916.
(i) Pour satisfaire dans une certaine mesure au vœu exprimé par le Comité National, plusieurs Comités pro\dnciaux opérèrent un classement entre les diverses parties de leur ressort, d'après l'état présumé de leurs besoins. Le Comité du Hainaut divisa la province en régions industrielles et en régions agricoles : les premières devaient recevoir moitié plus de produits que les secondes. Celui de la Flandre orientale classa les communes en trois catégories comprenant : la première, les communes industrielles; la seconde, les communes semi-industrielles; la troisième, les communes rurales.