CHAPITRE II LES BÉNÉFICIAIRES DE LA RATION
Le pain fait partie de l'alimentation de toutes les classes de la société. Le Comité National devait donc procurer du pain à chaque habitant, sans considérer son état de fortune. C'est le principe qu'il proclama dès le début et auquel il n'admit jamais d'exception. Le droit de tous à recevoir du pain fut reconnu dans les arrangements faits avec l'autorité allemande pour la saisie de la récolte indigène et se trouva dès lors consacré par un accord d'ordre international.
Les autorités allemandes tinrent la main à l'application stricte de ce principe et s'opposèrent même à ce que les enfants en bas âge ne consommant pas de pain, fussent exclus du rationnement ou n'eussent qu'une ration inférieure à celle des adultes. Le Comité d'Anvers avait décidé au début de l'année 1917 de n'accorder qu'une ration de pain de 150 grammes au lieu de 250 grammes aux enfants âgés de moins de deux ans. Celui de l'Agglomération bruxelloise refusait la ration aux enfants de moins d'un an et donnait aux enfants âgés d'un an à trois ans, une ration plus faible qu'aux autres habitants. La Deutsche Vermittlungstelle fit savoir, dans les deux cas, au Comité National qu'elle ne pouvait approuver cette façon de faire. Dans une lettre du 27 mars 1917, elle rappelle « qu'en vertu de l'arrêté du 23 juillet 1915, le Comité National est tenu de répartir la ration minimum déterminée chaque fois comme unité, pour chaque personne de la population, sans tenir compte de l'âge ». Cependant comme le Comité National accordait une ration plus forte aux fepimes enceintes et aux mères nourrices, la Commission centrale des récoltes l'autorisa, au mois de juin 1917, à exclure de la population à ravitailler les enfants de moins d'un an. Au mois de janvier 1918, cette limite fut abaissée à l'âge de neuf mois.
Dans l'état de disette alimentaire où se trouvait la Belgique,