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RATION DE PAIN AU DEBUT DE ICI

A l'époque où cette décision fut prise, le Comité National ne disposait pas, et de loin, des quantités de céréales exotiques nécessaires pour attribuer à chaque habitant une ration aussi forte. Les Comités provinciaux, dès l'origine, eurent à user de toute leur ingéniosité pour suppléer à l'insuffisance des arrivages, ^lalgré l'emploi d'expédients divers, aucun ne put, dans les premiers mois de l'année 1915, porter la ration à son poids normal et plusieurs durent la maintenir beaucoup en deçà. Dans l'Agglomération bruxelloise, les habitants ne reçurent jusqu'à la fin du mois de janvier 1915 que 200 grammes d'un pain fait avec de la farine blutée à 90 %, ce qui correspondait à une ration d'environ 168 grammes de pain blanc. Au milieu du mois de février, la ration put être portée à 250 grammes de pain blanc, la décision ayant été prise à cette époque, comme on l'a vu plus haut, de ne fournir à l'Agglomération bruxelloise que de la farine blanche importée. La ration distribuée qui ne représentait au mois de janvier que la moitié de la ration normale, en représentait plus' des trois quarts au mois de février. Le Hainaut, durant la première quinzaine du mois de décembre 1914, ne put distribuer que 500 grammes de farine par semaine à la population ravitaillée, bien que, à ce moment, les communes agricoles de son ressort vécussent encore exclusivement de blé indigène. Au mois de janvier, la situation s'améliora. Il arriva une plus grande quantité de blés d'Amérique. En y joignant les blés indigènes qu'il s'était procurés en obtenant de la députation permanente des arrêtés pour combattre l'accaparement, notamment en faisant fermer les petits moulins qui serv^aient surtout à moudre le blé accaparé, le Comité du Hainaut parvint à porter la ration à 225 grammes de farine, quoique, depuis le mois de décembre, la population à ravitailler eût fort augmenté par suite de l'épuisement dans beaucoup de communes agricoles des réserves de blé indigène. Dans la province de Liège, la ration de farine ne fut en moyenne jusqu'à la fin du mois de février que de 225 grammes d'un blé bluté à go %. Les provinces comprises dans la région campinoise, Anvers et Limbourg, dont le sol ne convient pas à la culture du froment, durent également maintenir la ration au-dessous du poids convenu. Pendant le premier trimestre de l'année 1915, Anvers ne distribua par jour que

i8o grammes d'une farine blutée à 90 %. Dans le Limbourg, les habitants reçurent toujours de la farine blanche, mais la ration n'y atteignit le poids normal de 250 grammes qu'à la fin du mois de février 1915. Namur, quoique prodliisant de fortes quantités de froment et d'épeautre, ne pouvait accorder aux habitants, au mois de mars 1915, que 190 grammes de farine par jour, les réserves indigènes aj-ant été en partie détruites au cours des opérations militaires ou en partie consommées par les armées qui séjournèrent dans la province. Le Brabant, grand producteur de froment, et le Luxembourg, presque exclusivement agricole, purent plus tôt que les autres provinces se conformer dans le rationnement aux règles arrêtées le 19 novembre 1914. Au mois de décembre 19 14 déjà, le Brabant distribua aux boulangers 250 grammes de farine pour chacun de leurs clients, à charge pour eux de fabriquer avec ce poids de farine 325 grammes de pain, mais il n'obtint ce résultat qu'en élevant à 82 % le taux de la mouture. Ce qui facilita au début la tâche des Comités des provinces agricoles c'est que, pendant une période plus ou moins longue, ils n'eurent pas à ravitailler toutes les communes de leur ressort. Au 31 janvier 1915, des 349 communes comprises dans le ressort du Comité du Brabant, 98 ou environ 28 % n'avaient pas demandé de farine exotique. Mais la situation se modifia bientôt par suite de l'épuisement des ressources indigènes. A la fin du mois suivant, le nombre des communes non ravitaillées n'était plus que de 32, soit d'environ 9 %.

Dans les Flandres, soumises au régime de l'étape et frappées par l'autorité militaire de réquisitions interdites dans les autres provinces, les conditions du rationnement varièrent fort selon les districts. Mais, en général, les Comités de ces provinces ne purent pendant les premiers mois de l'année 1915, distribuer qu'exceptionnellement la ration normale. Le Comité de la Flandre orientale signale le 6 avril 1915 que beaucoup d'habitants ne reçoivent que 150 grammes de farine par jour. Dans la section Sud de la Flandre occidentale, la ration varia suivant l'état des besoins entre 40 et 200 grammes de farine par jour à la fin du mois de février. Dans la section Nord, on ne put accorder durant le mois de février que 200 grammes par habitant dans les centres urbains, 150 grammes dans les communes industrielles et 100 grammes dans les communes agricoles.

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